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L’extinction des abeilles: Obama et un Street Artist réagissent

Mes pensées n’ont cessé ces derniers temps de retourner aux abeilles, et par connexion propre à mes références et ma tournure de cervelet…, à la  chanson intitulée « The birds and the bees » du merveilleux Dean Martin. Pas tellement parce que c’est l’arrivée de l’été et des siestes au bord de la piscine où bourdonnent ces jolies demoiselles -bien que j’espère ajouter ce motif aux autres d’ici quelques semaines-, mais parce que le sujet est apparu à plusieurs reprises dans mes sphères privée et professionnelle.

Tout d’abord, j’ai entendu dire que Barack Obama avait décidé de prendre des mesures pour sauver les abeilles et d’autres pollinisateurs, parmi lesquels certains oiseaux, les chauves-souris et les papillons. Le sujet de la disparition massive des abeilles et de son impact colossal sur l’environnement et l’économie inquiète le président depuis quelques années déjà, et le programme lancé récemment, le National Strategy to Promote the Health of Honey Bees and Other Pollinators (= Stratégie nationale pour promouvoir la santé des abeilles et des autres pollinisateurs) résulte d’années de réflexion et de recommandations d’experts scientifiques et environnementaux.

Copyright Alain Pitton photographer

Copyright Alain Pitton photographer

Pour résumer rapidement la situation eu égard aux abeilles, qui sont elles réellement nos amies pour la vie, j’ai utilisé le long, détaillé et référencé article que vous pourrez trouver en entier sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Syndrome_d%27effondrement_des_colonies_d%27abeilles. Les chiffres et études mentionnées sont récents, ce qui permet de retracer l’historique de certains débats, dont celui concernant l’effet potentiel des pesticides et insecticides.

Les abeilles se sont mises à disparaître dans les années 2000 aux Etats-Unis, en Europe, au Canada, puis partout ailleurs, de manière soudaine et extrêmement brutale ; des ruches se vident totalement, ses occupantes meurent par colonies entières. Le taux de mortalité normale d’environ 10% s’est vu multiplié par 2 ou 3 selon les pays. Or, les abeilles sont fondamentales pour la pollinisation, qui est fondamentale pour les cultures. Selon l’INRA, 84% des espèces cultivées en Europe en dépendent, et ce parfois à plus de 90% : pommiers, amandiers, cerisiers, concombres, oignons, avocats etc…

Copyright Un toit pour les abeilles

Copyright Un toit pour les abeilles

Copyright Chambre237 (quand nous disparaîtrons, vous disparaîtrez avec nous)

Copyright Chambre237 (quand nous disparaîtrons, vous disparaîtrez avec nous)

Pour vous donner un chiffre qui lui, vous éclairera, vous illuminera même sur les raisons pour lesquelles un chef d’Etat peut s’intéresser à ce petit insecte et décider de lui dédier des chercheurs et des années de recherches, sachez que « les services rendus à la pollinisation par les abeilles sont estimés à environ quinze milliards de dollars par an aux États-Unis » !

Bien des études ont été menées pour savoir à quoi cette disparition est due; maladies, pesticides, pollution, baisse de la résistance des abeilles aux agressions etc. Dans un premier temps, malgré l’insistance des écologistes notamment, les insecticides et pesticides ont presque été mis hors de cause, les études ne constatant pas d’effet direct assez concluant. En réalité, il s’est avéré récemment qu’ils sont bien responsables, mais qu’il faut prendre en compte la durée d’exposition aux produits qui les composent, son importance, et la synergie entre leur utilisation et d’autres facteurs : en bref, le fait notamment que l’agriculture actuelle réduit la biodiversité florale, que les rotations sont plus rares, la végétation herbacée systématiquement fauchée…, tout ceci rend les butineurs mal nourris plus sensibles aux agressions. Et plus stressés. Un stress accru par ailleurs par une mobilité imposée, intensifiée pour les mêmes raisons que tout le reste est intensifié.

La conjonction en 2013 et 2014 entre l’observation à plus long terme de colonies disparaissant en fin d’hiver alors qu’aucun symptôme n’avait été décelé en été et en automne, et les études montrant que des ruches bénéficiant d’une flore variée et d’un environnement sans pesticides n’étaient pas touchées, ont permis de finalement conclure que oui, l’agriculture intensive et l’utilisation de produits toxiques détruisent un écosystème essentiel, et que oui, nous pouvons faire quelque chose pour stopper, voire inverser, cette tendance.

Copyright www.zeutch.com

Copyright www.zeutch.com (Longue vie à la reine – Sauvons les abeilles)

Donc vous comprendrez que quand j’ai entendu que le Président des Etats-Unis annonçait des mesures concrètes pour faire face à ce problème, j’ai bondi de joie. Enfin me réjouissais-je, enfin ! Nous attendons tous de nos gouvernements qu’ils comprennent à quel point ces problèmes et leurs conséquences sont graves et nécessitent d’être pris à bras le corps. Assister à une première mesure de ce genre me faisait espérer qu’elles ne pouvaient plus que se multiplier, qu’il ne s’agissait là que d’un début, l’environnement allait enfin devenir un dossier aussi important que l’immigration ou le chômage.

Puis 2-3 soirs plus tard, alors que je regardais une partie du Petit Journal, voilà-t’y-pas que son présentateur, Yann Barthès, mentionne l’initiative d’Obama, pour la qualifier de preuve s’il en fallait une, que le Président des Etats-Unis est bien en fin de mandat, pour ne pas dire désespéré… S’ensuivit un sketch de Quentin et Eric, qui sont toujours très drôles et l’étaient à nouveau, parodiant un Bodyguard où Whitney Houston serait la Reine des abeilles… Difficile de ne pas sourire avec ces deux géniaux crétins, mais sur le fond j’étais, et je reste, atterrée. Est-ce que Yann Barthès ne sait pas que la disparition des abeilles est un sujet qui mérite ce genre d’initiative et de mesures, est-ce qu’il trouve réellement cela ridicule, ou est-ce qu’il n’a pas pu résister à la tentation de faire rire aux dépens d’Obama ? Dans tous les cas, c’est effrayant et à mon sens symptomatique…

C'est pas moi qui le dit!!

C’est pas moi qui le dit!!

J’espère de tout cœur que ce n’est pas un aperçu de ce qui nous attend à Paris en fin d’année lors de la COP21. J’y reviendrai, car je suis ce dossier de près, mais je crains à vrai dire le pire de la part des politiciens, ainsi que des journalistes, qui devraient tous relayer ces sujets au lieu de les laisser aux magazines « spécialisés » dans le bien-être ou l’écologie… Ou de les réduire à des sketchs tournant au grotesque les rares initiatives qui existent à un tel niveau de pouvoir.

Enfin, pour retourner du côté de la lumière et de l’espoir que peuvent donner les initiatives de Présidents, d’artistes, d’associations, de conférences parisiennes et de chacun d’entre nous, pour revenir également à mon fil directeur qui était « je ne cesse de croiser des abeilles », voici quelques photos illustrant un projet auquel j’ai eu la chance de participer ces dernières semaines.

Mon « vrai » travail, celui que je fais en parallèle de ce blog et qui me permet parfois de gagner un peu ma vie, mais surtout pour l’instant de faire, voir et participer à des choses fantastiques, m’a donné l’occasion de découvrir le travail de Louis Michel Masai (http://www.louismasai.com/). Masai est un Street Artist que l’extinction de nombreuses espèces animales touche et préoccupe, et qui a choisi d’exprimer son inquiétude et son besoin de réagir avec tout son talent, en le criant sur les murs. Lors d’un séjour en Afrique du Sud, il a observé l’importance du travail des abeilles pour les écosystèmes, et en revenant à Londres, où il vit, il s’est mis à peindre des abeilles dans le milieu urbain. Je les ai quant à moi essaimées un petit peu dans ce post…

Ses abeilles ont eu un succès énorme, et le mouvement a été repris sur les réseaux sociaux (voir #savethebees), tandis que des peintures naissaient sur les murs de Bristol, Devon, Glastonbury, en Croatie, à New York, à Miami et en Nouvelle Orléans.

Louis Masai Quai 36 Gare de Paris Nord

Louis Masai Quai 36 Paris Gare du Nord

Le 11 juin dernier, là là, ce jeudi, à Paris gare du Nord, Louis Masai peignait à quelques centimètres de votre honorée et émue servitrice, une abeille sur le mur du quai 36. Je dois avoir 98 photos, je vous en livre une ou deux… Au -1, il a également peint d’autres animaux en voie d’extinction sur les poteaux menant aux quais. Et ce n’est pas fini. J’ai donc pu voir ce joli insecte en train de prendre forme et couleurs sous mes yeux, me promener dans la gare pour voir le reste, et le reste, c’est aussi le travail de 15 autres Street Artists, invités par le collectif du Quai 36 et en partenariat avec SNCF Gares & Connexions à transformer la gare, à la rendre plus vivante, plus douce, plus émouvante aussi, les réactions et les échanges se multipliant au gré des sourires et yeux écarquillés que suscitent toutes ces œuvres. D’autres artistes sont encore là et l’opération se poursuit jusqu’au 8 juillet. La fresque quai 36, sur laquelle l’ensemble des artistes aura travaillé, est par ailleurs pérenne. Si vous passez par là…
Abeille Louis Masai

Louis Masai

Louis Masai - Autres animaux, Paris Gare du Nord

Louis Masai – Paris Gare du Nord

PS : si vous voulez en savoir plus sur l’opération de Quai 36, appelée Art Résidence, leur page facebook présente tous les jours de nouvelles photos et articles : https://www.facebook.com/quai36.org. Et si vous voulez en savoir plus sur le programme d’Obama, il y a par exemple cet article du Washington Post, très complet : http://www.washingtonpost.com/politics/whats-all-the-obama-buzz-about-bees/2015/05/18/5ebd1580-fd6a-11e4-805c-c3f407e5a9e9_story.html.

Beyoncé, Morrissey et Lyon: trois regards sur le végétarisme

Je m’étais promis en commençant ce blog de ne jamais laisser passer plus de dix jours sans rien écrire… Quand ces dernières semaines ont filé sans que je trouve le moment de venir ici écrire quelques lignes, je vous avoue que ça me trottait constamment en tête, ça me pesait et m’attristait. Presque autant que l’idée qu’on découpe en rondelles de petits agneaux.

Mais voilà, ma vie, l’autre, celle du boulot et des obligations, aussi agréable soit-elle par ailleurs, a pris le dessus, débordé et envahi les petites sphères persos auxquelles je tiens tant. Ceci dit, j’ai quand même pris note de quelques menus événements, que je vous livre en vrac histoire de donner des nouvelles, d’affirmer que le sujet du végétarisme est plus que jamais d’actualité, et de râler sur 2-3 trucs, parce qu’il le faut bien.

Tout d’abord, les news à l’international, avec Beyoncé… Elle et son mari forment comme vous le savez même si vous ne voulez pas le savoir, un couple de multimillionnaires très au fait de ce qui pourrait leur rapporter un ou deux millions supplémentaires. Entre deux concerts, ventes de son image à la presse et affaires juteuses en tous genres, cette soi-disant féministe -mais c’est un autre sujet- passe beaucoup de son temps à tenter d’affiner les grosses jambes et fesses qu’il est si important, en tant que chanteuse, d’exhiber dans des micro-shorts à paillettes. Son dernier dada, directement lié à cette fondamentale préoccupation : promouvoir le véganisme…

Non seulement elle a perdu du Q, sa seule motivation pour tenter ce régime (le bien-être animal et l’environnement, mais késako baby ? La végane qu’elle prétend être porte toujours de la fourrure et du cuir, même d’animaux en voie de disparition si c’est joli et siglé, bin oui faut quand même pas déconner), mais en plus elle met la main sur un “marché” potentiel en plein développement en proposant un service de livraison à domicile de repas végans et fait le buzz sur tous les sites veggies et people d’un seul coup. Paraîtrait que ça aurait une incidence sur son fanclub… Peut-être qu’on y gagnera 4 ou 5 nouveaux végétaliens qui tiendront plus de 4 jours…

Lovely Pink

Lovely Pink

De son côté, Morrissey, carrément moins bling bling et nettement moins dénudé lors de ses concerts, 40 ans de véganisme et de prises de position argumentées, assumées et constamment critiquées, continue de militer activement: il a réussi pour son concert donné le 1er mars à Los Angeles, à bannir la viande de toutes les buvettes, faire fermer le MacDo pour l’occasion, puis a peaufiné en versant une partie des bénéfices du concert (18 000 entrées) à PETA. Chapeau Moz ! Chapeau bas également à James Cameron et sa femme, qui après être devenus végans en 2012 quand ils ont compris l’impact environnemental de l’alimentation carnée, ne ratent pas une occasion de parler des joies que leur apporte ce changement de vie, et créent dans le sud de la Californie la première école 100% végétalienne : http://www.vegemag.fr/actualite/premiere-ecole-100-vegetalienne-aux-etats-unis-2969

Végétalien people Morrissey

Pour revenir à un niveau local, où il se passe également des choses étonnantes… un nouveau restaurant s’est ouvert dernièrement à Lyon. Il faut dire que ça manquait… J’ai découvert son existence dans une des newsletters que je reçois. Mon œil a été attiré par le mot « végétarien », haha, avant de s’écarquiller sur la suite… Quand je pense que parfois me prend le rêve d’ouvrir un beau resto gastronomico-végan dans cette ville et qui plus est de réussir, j’en rirais presque si je n’avais pas plutôt envie de pleurer, ou de râler, ce que je fais finalement bien mieux et trouve bien plus amusant… Allez, pour le « fun », je cite l’article au ton si ouvert d’esprit, et dont je ne peux décidément pas comprendre qu’il fasse saliver qui que ce soit avec sa description à la Hannibal Lecter : « Végétarien, passes ton chemin ! Dans cette boucherie-restaurant, (…) de savoureuses viandes (…) dont la chair rougissante, présentée derrière un immense frigo vitré, fait saliver le client carnassier (…). »

Copyright bismannews.rrvnews

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Beuark, bon appétit et à bientôt pour de nouvelles recettes et des histoires d’art, d’environnement et d’alimentation ! 😉