Category Archives: Ma vie de veggie

Préserver l’eau, un enjeu que chacun peut relever

Tout le monde a vaguement en tête la menace que représente la surconsommation d’eau, et les conséquences dramatiques qu’aurait une pénurie mondiale de cette ressource fondamentale ; on imagine les murs dressés entre ceux qui auraient de l’eau et les autres, les riches capables d’en acheter et tous les autres réduits à survivre comme ils peuvent. Sans parler de toutes les espèces animales condamnées à disparaître. Cela nous semble un peu science-fictionnesque, même si nous sommes nombreux à faire attention lorsque nous ouvrons un robinet, prenons une douche, arrosons notre jardin etc. Nous avons plus l’impression -je crois- de faire de la prévention que de réellement contrer une pénurie potentielle.
Eau végétarisme
Un rapport récent de la NASA confirme cependant la réalité de cette menace et la rapidité avec laquelle elle se rapproche. En observant l’évolution des 37 plus importantes nappes d’eau dans le monde de 2003 à 2013 avec le satellite GRACE, la NASA en a conclu que pas moins de 21 de ces sources d’eau se sont appauvries à une vitesse effrayante. Sur ces 21, treize sont quasiment asséchées, ni la pluie ni la fonte des neiges ne semblant plus leur permettre de se recharger.

Credits: UC Irvine/NASA/JPL-Caltech

Credits: UC Irvine/NASA/JPL-Caltech

Bien que GRACE ne soit pas en mesure de calculer la quantité d’eau contenue dans chacune de ces sources, et que la NASA ne peut donc pas dire précisément à quel point la situation est critique, il est assez évident que l’assèchement progressif de ces nappes aquifères est plus qu’inquiétant et doit être observée de près.

Eau cycle disparition

En plus de continuer à utiliser l’eau avec modération, une denrée rare et plus indispensable à la vie que n’importe quelle autre de nos ressources -air mis à part, quoiqu’en comptant les poissons, enfin je m’égare…-, nous devons chacun à notre niveau contribuer à préserver l’eau. Ce sont les activités humaines intensives qui assèchent les sources : l’eau que nous utilisons tous au quotidien pour boire, laver, cuisiner, l’eau qui est utilisée pour l’industrie, l’agriculture et l’élevage, et dont nous dépendons.

Certes, l’industrie consomme énormément d’eau et les industriels auraient leur rôle à jouer. Mais l’agriculture reste la principale cause de l’assèchement des nappes aquifères dans le monde… L’agriculture requiert 70% des ressources d’eau disponibles, et un tiers de cette eau est utilisée pour produire de quoi nourrir et hydrater le bétail destiné à notre consommation, en plus de servir à nettoyer les infrastructures et les faire tourner. Produire un seul litre de lait équivaut ainsi à prendre une douche tous les jours pendant un mois ! Et produire un seul kilo de viande nécessite 15000 litres d’eau, un chiffre à peine croyable…

Eau végétarisme

Il est impensable de continuer à produire la quantité de viande que les pays industrialisés consomment actuellement, et seule la baisse de cette quantité peut enrayer ou du moins ralentir l’épuisement des ressources, un épuisement dont les motifs sont réellement absurdes. Nous n’avons pas besoin de manger autant de viande, nous n’avons pas besoin que l’agriculture développée dans des pays pauvres serve à nourrir des animaux, destinés à être tués et consommés chez nous : nous devons prendre conscience que la situation est devenue ingérable, insensée, et diminuer en conséquence notre consommation de viande. Même en ne prenant en compte qu’un point de vue égoïste, faisons-le pour pouvoir encore pendant quelques années au moins prendre une douche tous les jours, nous brosser les dents, arroser nos petites plantes, faire nos vaisselles, nettoyer nos sols, etc etc. Accessoirement, nous rendrons service à la planète, aux populations du sud du globe et à des centaines de millions d’animaux…

Copyright: bebb - http://lesmouches.canalblog.com/

Copyright: bebb – http://lesmouches.canalblog.com/

Pour ceux d’entre vous qui veulent lire l’article de la NASA en entier: http://1.usa.gov/1TuqpSq

L’extinction des abeilles: Obama et un Street Artist réagissent

Mes pensées n’ont cessé ces derniers temps de retourner aux abeilles, et par connexion propre à mes références et ma tournure de cervelet…, à la  chanson intitulée « The birds and the bees » du merveilleux Dean Martin. Pas tellement parce que c’est l’arrivée de l’été et des siestes au bord de la piscine où bourdonnent ces jolies demoiselles -bien que j’espère ajouter ce motif aux autres d’ici quelques semaines-, mais parce que le sujet est apparu à plusieurs reprises dans mes sphères privée et professionnelle.

Tout d’abord, j’ai entendu dire que Barack Obama avait décidé de prendre des mesures pour sauver les abeilles et d’autres pollinisateurs, parmi lesquels certains oiseaux, les chauves-souris et les papillons. Le sujet de la disparition massive des abeilles et de son impact colossal sur l’environnement et l’économie inquiète le président depuis quelques années déjà, et le programme lancé récemment, le National Strategy to Promote the Health of Honey Bees and Other Pollinators (= Stratégie nationale pour promouvoir la santé des abeilles et des autres pollinisateurs) résulte d’années de réflexion et de recommandations d’experts scientifiques et environnementaux.

Copyright Alain Pitton photographer

Copyright Alain Pitton photographer

Pour résumer rapidement la situation eu égard aux abeilles, qui sont elles réellement nos amies pour la vie, j’ai utilisé le long, détaillé et référencé article que vous pourrez trouver en entier sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Syndrome_d%27effondrement_des_colonies_d%27abeilles. Les chiffres et études mentionnées sont récents, ce qui permet de retracer l’historique de certains débats, dont celui concernant l’effet potentiel des pesticides et insecticides.

Les abeilles se sont mises à disparaître dans les années 2000 aux Etats-Unis, en Europe, au Canada, puis partout ailleurs, de manière soudaine et extrêmement brutale ; des ruches se vident totalement, ses occupantes meurent par colonies entières. Le taux de mortalité normale d’environ 10% s’est vu multiplié par 2 ou 3 selon les pays. Or, les abeilles sont fondamentales pour la pollinisation, qui est fondamentale pour les cultures. Selon l’INRA, 84% des espèces cultivées en Europe en dépendent, et ce parfois à plus de 90% : pommiers, amandiers, cerisiers, concombres, oignons, avocats etc…

Copyright Un toit pour les abeilles

Copyright Un toit pour les abeilles

Copyright Chambre237 (quand nous disparaîtrons, vous disparaîtrez avec nous)

Copyright Chambre237 (quand nous disparaîtrons, vous disparaîtrez avec nous)

Pour vous donner un chiffre qui lui, vous éclairera, vous illuminera même sur les raisons pour lesquelles un chef d’Etat peut s’intéresser à ce petit insecte et décider de lui dédier des chercheurs et des années de recherches, sachez que « les services rendus à la pollinisation par les abeilles sont estimés à environ quinze milliards de dollars par an aux États-Unis » !

Bien des études ont été menées pour savoir à quoi cette disparition est due; maladies, pesticides, pollution, baisse de la résistance des abeilles aux agressions etc. Dans un premier temps, malgré l’insistance des écologistes notamment, les insecticides et pesticides ont presque été mis hors de cause, les études ne constatant pas d’effet direct assez concluant. En réalité, il s’est avéré récemment qu’ils sont bien responsables, mais qu’il faut prendre en compte la durée d’exposition aux produits qui les composent, son importance, et la synergie entre leur utilisation et d’autres facteurs : en bref, le fait notamment que l’agriculture actuelle réduit la biodiversité florale, que les rotations sont plus rares, la végétation herbacée systématiquement fauchée…, tout ceci rend les butineurs mal nourris plus sensibles aux agressions. Et plus stressés. Un stress accru par ailleurs par une mobilité imposée, intensifiée pour les mêmes raisons que tout le reste est intensifié.

La conjonction en 2013 et 2014 entre l’observation à plus long terme de colonies disparaissant en fin d’hiver alors qu’aucun symptôme n’avait été décelé en été et en automne, et les études montrant que des ruches bénéficiant d’une flore variée et d’un environnement sans pesticides n’étaient pas touchées, ont permis de finalement conclure que oui, l’agriculture intensive et l’utilisation de produits toxiques détruisent un écosystème essentiel, et que oui, nous pouvons faire quelque chose pour stopper, voire inverser, cette tendance.

Copyright www.zeutch.com

Copyright www.zeutch.com (Longue vie à la reine – Sauvons les abeilles)

Donc vous comprendrez que quand j’ai entendu que le Président des Etats-Unis annonçait des mesures concrètes pour faire face à ce problème, j’ai bondi de joie. Enfin me réjouissais-je, enfin ! Nous attendons tous de nos gouvernements qu’ils comprennent à quel point ces problèmes et leurs conséquences sont graves et nécessitent d’être pris à bras le corps. Assister à une première mesure de ce genre me faisait espérer qu’elles ne pouvaient plus que se multiplier, qu’il ne s’agissait là que d’un début, l’environnement allait enfin devenir un dossier aussi important que l’immigration ou le chômage.

Puis 2-3 soirs plus tard, alors que je regardais une partie du Petit Journal, voilà-t’y-pas que son présentateur, Yann Barthès, mentionne l’initiative d’Obama, pour la qualifier de preuve s’il en fallait une, que le Président des Etats-Unis est bien en fin de mandat, pour ne pas dire désespéré… S’ensuivit un sketch de Quentin et Eric, qui sont toujours très drôles et l’étaient à nouveau, parodiant un Bodyguard où Whitney Houston serait la Reine des abeilles… Difficile de ne pas sourire avec ces deux géniaux crétins, mais sur le fond j’étais, et je reste, atterrée. Est-ce que Yann Barthès ne sait pas que la disparition des abeilles est un sujet qui mérite ce genre d’initiative et de mesures, est-ce qu’il trouve réellement cela ridicule, ou est-ce qu’il n’a pas pu résister à la tentation de faire rire aux dépens d’Obama ? Dans tous les cas, c’est effrayant et à mon sens symptomatique…

C'est pas moi qui le dit!!

C’est pas moi qui le dit!!

J’espère de tout cœur que ce n’est pas un aperçu de ce qui nous attend à Paris en fin d’année lors de la COP21. J’y reviendrai, car je suis ce dossier de près, mais je crains à vrai dire le pire de la part des politiciens, ainsi que des journalistes, qui devraient tous relayer ces sujets au lieu de les laisser aux magazines « spécialisés » dans le bien-être ou l’écologie… Ou de les réduire à des sketchs tournant au grotesque les rares initiatives qui existent à un tel niveau de pouvoir.

Enfin, pour retourner du côté de la lumière et de l’espoir que peuvent donner les initiatives de Présidents, d’artistes, d’associations, de conférences parisiennes et de chacun d’entre nous, pour revenir également à mon fil directeur qui était « je ne cesse de croiser des abeilles », voici quelques photos illustrant un projet auquel j’ai eu la chance de participer ces dernières semaines.

Mon « vrai » travail, celui que je fais en parallèle de ce blog et qui me permet parfois de gagner un peu ma vie, mais surtout pour l’instant de faire, voir et participer à des choses fantastiques, m’a donné l’occasion de découvrir le travail de Louis Michel Masai (http://www.louismasai.com/). Masai est un Street Artist que l’extinction de nombreuses espèces animales touche et préoccupe, et qui a choisi d’exprimer son inquiétude et son besoin de réagir avec tout son talent, en le criant sur les murs. Lors d’un séjour en Afrique du Sud, il a observé l’importance du travail des abeilles pour les écosystèmes, et en revenant à Londres, où il vit, il s’est mis à peindre des abeilles dans le milieu urbain. Je les ai quant à moi essaimées un petit peu dans ce post…

Ses abeilles ont eu un succès énorme, et le mouvement a été repris sur les réseaux sociaux (voir #savethebees), tandis que des peintures naissaient sur les murs de Bristol, Devon, Glastonbury, en Croatie, à New York, à Miami et en Nouvelle Orléans.

Louis Masai Quai 36 Gare de Paris Nord

Louis Masai Quai 36 Paris Gare du Nord

Le 11 juin dernier, là là, ce jeudi, à Paris gare du Nord, Louis Masai peignait à quelques centimètres de votre honorée et émue servitrice, une abeille sur le mur du quai 36. Je dois avoir 98 photos, je vous en livre une ou deux… Au -1, il a également peint d’autres animaux en voie d’extinction sur les poteaux menant aux quais. Et ce n’est pas fini. J’ai donc pu voir ce joli insecte en train de prendre forme et couleurs sous mes yeux, me promener dans la gare pour voir le reste, et le reste, c’est aussi le travail de 15 autres Street Artists, invités par le collectif du Quai 36 et en partenariat avec SNCF Gares & Connexions à transformer la gare, à la rendre plus vivante, plus douce, plus émouvante aussi, les réactions et les échanges se multipliant au gré des sourires et yeux écarquillés que suscitent toutes ces œuvres. D’autres artistes sont encore là et l’opération se poursuit jusqu’au 8 juillet. La fresque quai 36, sur laquelle l’ensemble des artistes aura travaillé, est par ailleurs pérenne. Si vous passez par là…
Abeille Louis Masai

Louis Masai

Louis Masai - Autres animaux, Paris Gare du Nord

Louis Masai – Paris Gare du Nord

PS : si vous voulez en savoir plus sur l’opération de Quai 36, appelée Art Résidence, leur page facebook présente tous les jours de nouvelles photos et articles : https://www.facebook.com/quai36.org. Et si vous voulez en savoir plus sur le programme d’Obama, il y a par exemple cet article du Washington Post, très complet : http://www.washingtonpost.com/politics/whats-all-the-obama-buzz-about-bees/2015/05/18/5ebd1580-fd6a-11e4-805c-c3f407e5a9e9_story.html.

Beyoncé, Morrissey et Lyon: trois regards sur le végétarisme

Je m’étais promis en commençant ce blog de ne jamais laisser passer plus de dix jours sans rien écrire… Quand ces dernières semaines ont filé sans que je trouve le moment de venir ici écrire quelques lignes, je vous avoue que ça me trottait constamment en tête, ça me pesait et m’attristait. Presque autant que l’idée qu’on découpe en rondelles de petits agneaux.

Mais voilà, ma vie, l’autre, celle du boulot et des obligations, aussi agréable soit-elle par ailleurs, a pris le dessus, débordé et envahi les petites sphères persos auxquelles je tiens tant. Ceci dit, j’ai quand même pris note de quelques menus événements, que je vous livre en vrac histoire de donner des nouvelles, d’affirmer que le sujet du végétarisme est plus que jamais d’actualité, et de râler sur 2-3 trucs, parce qu’il le faut bien.

Tout d’abord, les news à l’international, avec Beyoncé… Elle et son mari forment comme vous le savez même si vous ne voulez pas le savoir, un couple de multimillionnaires très au fait de ce qui pourrait leur rapporter un ou deux millions supplémentaires. Entre deux concerts, ventes de son image à la presse et affaires juteuses en tous genres, cette soi-disant féministe -mais c’est un autre sujet- passe beaucoup de son temps à tenter d’affiner les grosses jambes et fesses qu’il est si important, en tant que chanteuse, d’exhiber dans des micro-shorts à paillettes. Son dernier dada, directement lié à cette fondamentale préoccupation : promouvoir le véganisme…

Non seulement elle a perdu du Q, sa seule motivation pour tenter ce régime (le bien-être animal et l’environnement, mais késako baby ? La végane qu’elle prétend être porte toujours de la fourrure et du cuir, même d’animaux en voie de disparition si c’est joli et siglé, bin oui faut quand même pas déconner), mais en plus elle met la main sur un “marché” potentiel en plein développement en proposant un service de livraison à domicile de repas végans et fait le buzz sur tous les sites veggies et people d’un seul coup. Paraîtrait que ça aurait une incidence sur son fanclub… Peut-être qu’on y gagnera 4 ou 5 nouveaux végétaliens qui tiendront plus de 4 jours…

Lovely Pink

Lovely Pink

De son côté, Morrissey, carrément moins bling bling et nettement moins dénudé lors de ses concerts, 40 ans de véganisme et de prises de position argumentées, assumées et constamment critiquées, continue de militer activement: il a réussi pour son concert donné le 1er mars à Los Angeles, à bannir la viande de toutes les buvettes, faire fermer le MacDo pour l’occasion, puis a peaufiné en versant une partie des bénéfices du concert (18 000 entrées) à PETA. Chapeau Moz ! Chapeau bas également à James Cameron et sa femme, qui après être devenus végans en 2012 quand ils ont compris l’impact environnemental de l’alimentation carnée, ne ratent pas une occasion de parler des joies que leur apporte ce changement de vie, et créent dans le sud de la Californie la première école 100% végétalienne : http://www.vegemag.fr/actualite/premiere-ecole-100-vegetalienne-aux-etats-unis-2969

Végétalien people Morrissey

Pour revenir à un niveau local, où il se passe également des choses étonnantes… un nouveau restaurant s’est ouvert dernièrement à Lyon. Il faut dire que ça manquait… J’ai découvert son existence dans une des newsletters que je reçois. Mon œil a été attiré par le mot « végétarien », haha, avant de s’écarquiller sur la suite… Quand je pense que parfois me prend le rêve d’ouvrir un beau resto gastronomico-végan dans cette ville et qui plus est de réussir, j’en rirais presque si je n’avais pas plutôt envie de pleurer, ou de râler, ce que je fais finalement bien mieux et trouve bien plus amusant… Allez, pour le « fun », je cite l’article au ton si ouvert d’esprit, et dont je ne peux décidément pas comprendre qu’il fasse saliver qui que ce soit avec sa description à la Hannibal Lecter : « Végétarien, passes ton chemin ! Dans cette boucherie-restaurant, (…) de savoureuses viandes (…) dont la chair rougissante, présentée derrière un immense frigo vitré, fait saliver le client carnassier (…). »

Copyright bismannews.rrvnews

Copyright bismannews.rrvnews

Beuark, bon appétit et à bientôt pour de nouvelles recettes et des histoires d’art, d’environnement et d’alimentation ! 😉

La crainte des carences – Episode 2: le fer

Etant donné que le fer se trouve presque exclusivement dans le sang de boeuf, qu’il faut donc boire sans modération, comment un végétarien fait-il pour ne pas être terriblement carencé?

Le fer est un élément indispensable à la création de certaines protéines, dont l’hémoglobine et la myoglobine. L’hémoglobine se trouve dans nos globules rouges; elle transporte l’oxygène de nos poumons vers nos tissus; la myoglobine la récupère puis la transporte à son tour vers les muscles, assurant leur bon fonctionnement. Quand quelqu’un manque vraiment de fer, il est pâle, très fatigué, et rapidement essoufflé; il souffre d’anémie.

Carence en fer alimentation végétarienneCertaines catégories de personnes sont plus facilement sujettes à l’anémie que d’autres; en l’occurrence, les femmes de moins de 50 ans, qui ont besoin de 18 mg par jour (contre 8 pour les hommes…) et les végétariens, parce que les fibres des céréales complètes et des légumes contiennent des phytates, composés phosphorés qui empêchent l’absorption du fer par l’intestin.

La méthode la plus efficace pour contrecarrer l’effet des phytates est de s’assurer un bon apport en vitamine C, une vitamine qui est par ailleurs excellente pour booster le système immunitaire et le système nerveux, donne une belle peau, est un antioxydant puissant et participe à la production de collagène… Il suffit de 50 mg de vitamine C -une quantité bien plus rapidement atteinte qu’il n’y paraît-, pour neutraliser les phytates.

En revanche, il ne suffit pas de prendre cette vitamine sous la forme d’un complément alimentaire; il faut manger au même repas des aliments contenant du fer et d’autres contenant de la vitamine C, ou bien sûr des aliments qui contiennent naturellement les deux. Mais vous allez voir, c’est aussi simple que délicieux de prendre soin de la santé de vos petits globules rouges !

Si vous aimez le chocolat, bingo! Le chocolat noir à + de 70% contient presque cinq fois plus de fer que le boeuf, vi madame. 100 grammes de chocolat = 12 mg de fer. A déguster éventuellement avec une orange ou des fraises, deux fruits particulièrement riches en vitamine C et particulièrement succulents avec le chocolat. Vous ne pourriez avoir meilleur prétexte pour vous adonner à ce plaisir!

Surprise un peu moins excitante, viennent ensuite les légumes à feuilles vertes, avec les épinards en première position. Oui, je sais, on a dit que la légende de Popeye n’était qu’une légende, et les épinards, ne contenant QUE 2,7 mg de fer pour 100 gr ne sont en effet pas LA meilleure source de fer. Mais attention, voilà l’astuce: à moins que vous les consommiez en salade, vous savez bien qu’il faut au moins quatre fois la quantité d’épinards frais pour obtenir une portion acceptable d’épinards cuits… Avec 180 gr d’épinards cuits, vous aurez 7 mg de fer. Pas mal, non? Accompagnés par exemple de patates douces (qui contiennent plus de vitamine C qu’une orange, du potassium, du magnésium et de la vitamine B6), ou assaisonnés d’un filet de jus de citron frais, leur apport est maximisé, l’absorption du fer assurée, et Popeye réhabilité.

carence fer épinards alimentation végétarienneToujours chez nos amis les légumes, et toujours post-cuisson, on citera la blette, le fameux kale, le chou vert et les navets. Attention, par un processus chimique que je suis tout à fait incapable d’expliquer, c’est quand ils sont cuits que la teneur en fer de ces légumes est maximale!

Les céréales et les légumineuses ne sont pas en reste. Le quinoa contient presque 3 mg pour une tasse,  les haricots rouges ou blancs et les pois chiches plus de 4 mg. Sont aussi recommandés le riz brun, le boulghour, le millet, l’avoine, l’amarante et les haricots de Lima. Si vous mangez des céréales au petit-déjeuner, ajoutez-y par exemple quelques fruits; si vous les préférez au déjeuner, un filet de jus de citron fera l’affaire.

Il y a encore bien d’autres aliments que vous adorez qui sont riches en fer, comme les noix de cajou, les amandes, les pistaches, le tofu également (5 mg pour 100 gr)… et je pourrais continuer ainsi longtemps. L’idée finalement, c’est donc de prendre la petite habitude de combiner des aliments dont les bienfaits s’additionnent, se complètent et se renforcent. Si vous manquez de fer, peut-être vous suffit-il maintenant d’en regrouper 2 ou 3 au sein d’un même repas chaque jour, et vous verrez votre énergie revenir, au grand galop évidemment! Si vous ne manquez pas de fer ou que vous n’en savez rien, vous ne pouvez de toute façon que vous faire du bien, car tous les aliments que j’ai mentionnés sont excellents pour la santé à plus d’une dizaine de titres. Si, si, je vous assure. Je pourrais écrire encore des lignes de passionnants ” X grammes de cette formidable vitamine, de tels minéraux etc pour X grammes de tel délicieux fruit, légume etc.”, mais je préfère vous laisser enfin tranquilles!

Pour ceux qui ne connaissent pas ceci…, un merveilleux moment de détente pas du tout hors sujet: http://www.ina.fr/video/I05057828. N’oubliez pas de boire 😉

Le fer dans l'alimentation végétarienneA très bientôt!

L’édifiant plaidoyer pour la viande du ministre belge de l’Agriculture

Le 20 mars dernier, Journée internationale SANS viande, Willy Borsus, ministre belge de l’Agriculture -entre autres, mais c’est ce qui importe ici-, s’est fendu d’un ahurissant communiqué de presse, publié sur son site. Enfin, on ne reste ahuri qu’un moment, ce sentiment cédant rapidement la place à l’énervement, voire la fulmination…

Si vous êtes de trop bonne humeur après une Pâques chocolatée à souhait, et que vous considérez qu’il faut absolument remédier à cet état, voici le lien vers ce catastrophique déferlement de lieux communs, clichés et claironnants appels à mettre votre santé en péril et à fermer les yeux sur l’ensemble des conséquences de la surconsommation de viande, pourvus que vos assiettes en débordent.
http://borsus.belgium.be/fr/9-bonnes-raisons-de-manger-aussi-de-la-viande

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Le nombre de contre-vérités ou de semi-vérités contenues dans ce communiqué en fait un véritable cas d’étude… du syndrome de la mauvaise foi, de ce que certaines personnes sont prêtes à faire pour préserver des acquis économiques sans se soucier des impacts, et accessoirement de ce que les politiciens acceptent de faire perdurer et de nous faire gober (au sens propre et au sens figuré !) quel qu’en soit le coût à moyen terme. Voire à court terme, car nous savons aujourd’hui que la situation est grave et que ceux qui l’affirment ne sont ni de faux prophètes ni des alarmistes, quoiqu’en pensent d’autres politiciens de génie, comme Sarah Palin par exemple, sans vouloir nommer personne…

Les réponses ne se sont pas faites attendre, et je ne vais pas vous faire subir les 9 points un par un alors qu’ils ont été très bien déconstruits par d’autres (voir par exemple http://www.unjoursansviande.be/communiquedepresseborsus.html).

Cependant, pour vous donner une idée du niveau et parce que j’ai besoin de réagir un tout petit peu sous peine d’ulcère, voici un petit bouquet garni de perles nourries au fumier, avec ogm ; un nouveau genre de jeu des sept erreurs…

“On ne consomme pas trop [de viande] (il faut reconnaître que la consommation a baissé de moitié en 30 ans). Il y a sans doute eu parfois des excès mais c’est rectifié et il faut maintenir le niveau actuel.” Il le faut, c’est compris ? Et peu importent les études scientifiques menées partout dans le monde et qui relient directement la consommation de viande et son augmentation constante à celles des maladies cardio-vasculaires, de l’obésité, certains cancers, le diabète etc.

“L’homme est un omnivore et sa physiologie nécessite la consommation de viande. Ainsi, il a besoin d’apport en fer, en protéines et en acides aminés, que seule la viande peut lui apporter en quantités et en qualités ad hoc.” Une affirmation qui nécessiterait un plus large article sur la question de la physiologie de l’homme, sur son évolution dans le temps et son soi-disant et par conséquent besoin de viande, mais pour l’essentiel, contentons-nous de rappeler que la physiologie de l’homme se rapproche plus du singe que du lion, et que des dizaines d’études et des centaines de milliers de personnes démontrent que le régime végétarien n’entraîne aucune carence, contribue à une meilleure santé et une plus grande espérance de vie.

“D’ici 2050, nous serons face à la nécessité de nourrir 9,5 milliards d’individus. La viande est indispensable si l’on veut contribuer à participer à ce défi et à fournir une alimentation équilibrée et saine à ces gens.” La phrase souvent citée qui résume le plus simplement la situation actuelle est que si nous ne modifions pas notre mode d’alimentation, il faudra 2 planètes pour nourrir l’ensemble de la population d’ici 2050; ce qu’aux dernières nouvelles, nous n’avons pas sous la main… Tandis qu’avec un régime végétarien, on nourrirait en effet la population mondiale correctement. Mais Monsieur le ministre doit savoir quelque chose que tout le monde ignore…

“Le développement de la production de viande peut s’opérer en veillant à gérer de manière durable les ressources fondamentales que sont l’eau et le sol, et donc apporte sa contribution à la lutte contre les changements climatiques.” Je ne sais même pas quoi dire, c’en est presque magnifique tellement c’est honteux de dire des choses pareilles ; quelqu’un peut-il m’expliquer par quelle logique le ministre passe de la première phrase à son « et donc » ?

Et enfin, le tellement triste paragraphe sur ce pauvre « Blanc bleu belge », un animal génétiquement modifié, qui souffre d’hypertrophies musculaires, fait plus peur à voir que Schwarzie en string, est gavé d’antibiotiques, et ne peut même plus vêler sans césarienne : “Cette viande est excellente pour la santé puisqu’il s’agit de la viande rouge la plus maigre. De même, elle est environnement-friendly.” Bouhouhooooo…

Communiqué Willy Borsus
Après avoir relu ce communiqué pour en retirer sa substantifique moelle, de bœuf évidemment, je me sens comme le fakir débutant qui s’est allongé volontairement sur un lit de clous… Omissions, chiffres tout à fait inédits trouvés je ne sais où, raisonnements biaisés, incohérences, bref, je m’arrache les cheveux, ce qui ne sert à rien certes, mais que faire ?

Comment espérer que la situation progresse et que nos gouvernements prennent en compte tous les facteurs essentiels dans la lutte pour le climat d’abord, mais aussi pour la santé de leurs citoyens, le bien-être de la population, le respect de la vie, de l’environnement, des ressources et oui, oui, des animaux, si certains d’entre eux peuvent encore user de leur légitimité pour exprimer des vues pareilles ?

Une page d’espoir s’impose… A New-York, 18 jours avant la Journée internationale sans viande, tandis que Monsieur Borsus rédigeait sa déclaration, Paul McCartney prenait la parole au Bloomberg Philanthropies, en amont et en préparation de la COP qui se tiendra à Paris au mois de décembre. McCartney, qui a lancé le mouvement du Meat Free Monday, aussi connue sous le nom de Journée sans Viande et suivi par des centaines de milliers de personnes aujourd’hui, s’exprimait devant des experts sur l’évolution du climat et des représentants des Nations-Unies.

Voici un court montage d’extraits de son discours, qui ne dure qu’une minute :
https://youtu.be/1E1NDjltMvk

En quelques mots, il présente la campagne qu’il mène depuis des années en Grande-Bretagne, et les effets qu’elle a sur l’impact carbone de tout un chacun, la santé, l’environnement et la condition animale, ainsi que sur l’envie que nous avons tous, je le crois aussi, de faire quelque chose, d’agir pour le bien de notre belle planète. Peu de mots, mais qu’il pourrait tous étayer par un tel nombre d’études rédigés par des regroupements d’experts, des universités, des associations etc., qu’il n’y a guère besoin d’en dire plus. Des faits, c’est tout.

J’en oublierais presque la lecture que je viens de subir…
Willy Borsus communiqué

P.S.: Pour ceux d’entre vous que cela intéresse et qui n’ont pas peur des recettes en anglais (si vous en voyez une qui vous tente et que vous aimeriez que je vous la traduise, n’hésitez pas, je serais ravie de le faire !), voici le lien vers le site du Meat Free Monday : http://www.meatfreemondays.com/

P.P.S.: Un grand merci à Julie, qui a apporté ce communiqué et la réponse de l’association belge unjoursansviande à mon attention. Et un grand merci à vous tous pour votre présence et votre soutien. A bientôt !