Category Archives: Impacts

Préserver l’eau, un enjeu que chacun peut relever

Tout le monde a vaguement en tête la menace que représente la surconsommation d’eau, et les conséquences dramatiques qu’aurait une pénurie mondiale de cette ressource fondamentale ; on imagine les murs dressés entre ceux qui auraient de l’eau et les autres, les riches capables d’en acheter et tous les autres réduits à survivre comme ils peuvent. Sans parler de toutes les espèces animales condamnées à disparaître. Cela nous semble un peu science-fictionnesque, même si nous sommes nombreux à faire attention lorsque nous ouvrons un robinet, prenons une douche, arrosons notre jardin etc. Nous avons plus l’impression -je crois- de faire de la prévention que de réellement contrer une pénurie potentielle.
Eau végétarisme
Un rapport récent de la NASA confirme cependant la réalité de cette menace et la rapidité avec laquelle elle se rapproche. En observant l’évolution des 37 plus importantes nappes d’eau dans le monde de 2003 à 2013 avec le satellite GRACE, la NASA en a conclu que pas moins de 21 de ces sources d’eau se sont appauvries à une vitesse effrayante. Sur ces 21, treize sont quasiment asséchées, ni la pluie ni la fonte des neiges ne semblant plus leur permettre de se recharger.

Credits: UC Irvine/NASA/JPL-Caltech

Credits: UC Irvine/NASA/JPL-Caltech

Bien que GRACE ne soit pas en mesure de calculer la quantité d’eau contenue dans chacune de ces sources, et que la NASA ne peut donc pas dire précisément à quel point la situation est critique, il est assez évident que l’assèchement progressif de ces nappes aquifères est plus qu’inquiétant et doit être observée de près.

Eau cycle disparition

En plus de continuer à utiliser l’eau avec modération, une denrée rare et plus indispensable à la vie que n’importe quelle autre de nos ressources -air mis à part, quoiqu’en comptant les poissons, enfin je m’égare…-, nous devons chacun à notre niveau contribuer à préserver l’eau. Ce sont les activités humaines intensives qui assèchent les sources : l’eau que nous utilisons tous au quotidien pour boire, laver, cuisiner, l’eau qui est utilisée pour l’industrie, l’agriculture et l’élevage, et dont nous dépendons.

Certes, l’industrie consomme énormément d’eau et les industriels auraient leur rôle à jouer. Mais l’agriculture reste la principale cause de l’assèchement des nappes aquifères dans le monde… L’agriculture requiert 70% des ressources d’eau disponibles, et un tiers de cette eau est utilisée pour produire de quoi nourrir et hydrater le bétail destiné à notre consommation, en plus de servir à nettoyer les infrastructures et les faire tourner. Produire un seul litre de lait équivaut ainsi à prendre une douche tous les jours pendant un mois ! Et produire un seul kilo de viande nécessite 15000 litres d’eau, un chiffre à peine croyable…

Eau végétarisme

Il est impensable de continuer à produire la quantité de viande que les pays industrialisés consomment actuellement, et seule la baisse de cette quantité peut enrayer ou du moins ralentir l’épuisement des ressources, un épuisement dont les motifs sont réellement absurdes. Nous n’avons pas besoin de manger autant de viande, nous n’avons pas besoin que l’agriculture développée dans des pays pauvres serve à nourrir des animaux, destinés à être tués et consommés chez nous : nous devons prendre conscience que la situation est devenue ingérable, insensée, et diminuer en conséquence notre consommation de viande. Même en ne prenant en compte qu’un point de vue égoïste, faisons-le pour pouvoir encore pendant quelques années au moins prendre une douche tous les jours, nous brosser les dents, arroser nos petites plantes, faire nos vaisselles, nettoyer nos sols, etc etc. Accessoirement, nous rendrons service à la planète, aux populations du sud du globe et à des centaines de millions d’animaux…

Copyright: bebb - http://lesmouches.canalblog.com/

Copyright: bebb – http://lesmouches.canalblog.com/

Pour ceux d’entre vous qui veulent lire l’article de la NASA en entier: http://1.usa.gov/1TuqpSq

L’extinction des abeilles: Obama et un Street Artist réagissent

Mes pensées n’ont cessé ces derniers temps de retourner aux abeilles, et par connexion propre à mes références et ma tournure de cervelet…, à la  chanson intitulée « The birds and the bees » du merveilleux Dean Martin. Pas tellement parce que c’est l’arrivée de l’été et des siestes au bord de la piscine où bourdonnent ces jolies demoiselles -bien que j’espère ajouter ce motif aux autres d’ici quelques semaines-, mais parce que le sujet est apparu à plusieurs reprises dans mes sphères privée et professionnelle.

Tout d’abord, j’ai entendu dire que Barack Obama avait décidé de prendre des mesures pour sauver les abeilles et d’autres pollinisateurs, parmi lesquels certains oiseaux, les chauves-souris et les papillons. Le sujet de la disparition massive des abeilles et de son impact colossal sur l’environnement et l’économie inquiète le président depuis quelques années déjà, et le programme lancé récemment, le National Strategy to Promote the Health of Honey Bees and Other Pollinators (= Stratégie nationale pour promouvoir la santé des abeilles et des autres pollinisateurs) résulte d’années de réflexion et de recommandations d’experts scientifiques et environnementaux.

Copyright Alain Pitton photographer

Copyright Alain Pitton photographer

Pour résumer rapidement la situation eu égard aux abeilles, qui sont elles réellement nos amies pour la vie, j’ai utilisé le long, détaillé et référencé article que vous pourrez trouver en entier sur http://fr.wikipedia.org/wiki/Syndrome_d%27effondrement_des_colonies_d%27abeilles. Les chiffres et études mentionnées sont récents, ce qui permet de retracer l’historique de certains débats, dont celui concernant l’effet potentiel des pesticides et insecticides.

Les abeilles se sont mises à disparaître dans les années 2000 aux Etats-Unis, en Europe, au Canada, puis partout ailleurs, de manière soudaine et extrêmement brutale ; des ruches se vident totalement, ses occupantes meurent par colonies entières. Le taux de mortalité normale d’environ 10% s’est vu multiplié par 2 ou 3 selon les pays. Or, les abeilles sont fondamentales pour la pollinisation, qui est fondamentale pour les cultures. Selon l’INRA, 84% des espèces cultivées en Europe en dépendent, et ce parfois à plus de 90% : pommiers, amandiers, cerisiers, concombres, oignons, avocats etc…

Copyright Un toit pour les abeilles

Copyright Un toit pour les abeilles

Copyright Chambre237 (quand nous disparaîtrons, vous disparaîtrez avec nous)

Copyright Chambre237 (quand nous disparaîtrons, vous disparaîtrez avec nous)

Pour vous donner un chiffre qui lui, vous éclairera, vous illuminera même sur les raisons pour lesquelles un chef d’Etat peut s’intéresser à ce petit insecte et décider de lui dédier des chercheurs et des années de recherches, sachez que « les services rendus à la pollinisation par les abeilles sont estimés à environ quinze milliards de dollars par an aux États-Unis » !

Bien des études ont été menées pour savoir à quoi cette disparition est due; maladies, pesticides, pollution, baisse de la résistance des abeilles aux agressions etc. Dans un premier temps, malgré l’insistance des écologistes notamment, les insecticides et pesticides ont presque été mis hors de cause, les études ne constatant pas d’effet direct assez concluant. En réalité, il s’est avéré récemment qu’ils sont bien responsables, mais qu’il faut prendre en compte la durée d’exposition aux produits qui les composent, son importance, et la synergie entre leur utilisation et d’autres facteurs : en bref, le fait notamment que l’agriculture actuelle réduit la biodiversité florale, que les rotations sont plus rares, la végétation herbacée systématiquement fauchée…, tout ceci rend les butineurs mal nourris plus sensibles aux agressions. Et plus stressés. Un stress accru par ailleurs par une mobilité imposée, intensifiée pour les mêmes raisons que tout le reste est intensifié.

La conjonction en 2013 et 2014 entre l’observation à plus long terme de colonies disparaissant en fin d’hiver alors qu’aucun symptôme n’avait été décelé en été et en automne, et les études montrant que des ruches bénéficiant d’une flore variée et d’un environnement sans pesticides n’étaient pas touchées, ont permis de finalement conclure que oui, l’agriculture intensive et l’utilisation de produits toxiques détruisent un écosystème essentiel, et que oui, nous pouvons faire quelque chose pour stopper, voire inverser, cette tendance.

Copyright www.zeutch.com

Copyright www.zeutch.com (Longue vie à la reine – Sauvons les abeilles)

Donc vous comprendrez que quand j’ai entendu que le Président des Etats-Unis annonçait des mesures concrètes pour faire face à ce problème, j’ai bondi de joie. Enfin me réjouissais-je, enfin ! Nous attendons tous de nos gouvernements qu’ils comprennent à quel point ces problèmes et leurs conséquences sont graves et nécessitent d’être pris à bras le corps. Assister à une première mesure de ce genre me faisait espérer qu’elles ne pouvaient plus que se multiplier, qu’il ne s’agissait là que d’un début, l’environnement allait enfin devenir un dossier aussi important que l’immigration ou le chômage.

Puis 2-3 soirs plus tard, alors que je regardais une partie du Petit Journal, voilà-t’y-pas que son présentateur, Yann Barthès, mentionne l’initiative d’Obama, pour la qualifier de preuve s’il en fallait une, que le Président des Etats-Unis est bien en fin de mandat, pour ne pas dire désespéré… S’ensuivit un sketch de Quentin et Eric, qui sont toujours très drôles et l’étaient à nouveau, parodiant un Bodyguard où Whitney Houston serait la Reine des abeilles… Difficile de ne pas sourire avec ces deux géniaux crétins, mais sur le fond j’étais, et je reste, atterrée. Est-ce que Yann Barthès ne sait pas que la disparition des abeilles est un sujet qui mérite ce genre d’initiative et de mesures, est-ce qu’il trouve réellement cela ridicule, ou est-ce qu’il n’a pas pu résister à la tentation de faire rire aux dépens d’Obama ? Dans tous les cas, c’est effrayant et à mon sens symptomatique…

C'est pas moi qui le dit!!

C’est pas moi qui le dit!!

J’espère de tout cœur que ce n’est pas un aperçu de ce qui nous attend à Paris en fin d’année lors de la COP21. J’y reviendrai, car je suis ce dossier de près, mais je crains à vrai dire le pire de la part des politiciens, ainsi que des journalistes, qui devraient tous relayer ces sujets au lieu de les laisser aux magazines « spécialisés » dans le bien-être ou l’écologie… Ou de les réduire à des sketchs tournant au grotesque les rares initiatives qui existent à un tel niveau de pouvoir.

Enfin, pour retourner du côté de la lumière et de l’espoir que peuvent donner les initiatives de Présidents, d’artistes, d’associations, de conférences parisiennes et de chacun d’entre nous, pour revenir également à mon fil directeur qui était « je ne cesse de croiser des abeilles », voici quelques photos illustrant un projet auquel j’ai eu la chance de participer ces dernières semaines.

Mon « vrai » travail, celui que je fais en parallèle de ce blog et qui me permet parfois de gagner un peu ma vie, mais surtout pour l’instant de faire, voir et participer à des choses fantastiques, m’a donné l’occasion de découvrir le travail de Louis Michel Masai (http://www.louismasai.com/). Masai est un Street Artist que l’extinction de nombreuses espèces animales touche et préoccupe, et qui a choisi d’exprimer son inquiétude et son besoin de réagir avec tout son talent, en le criant sur les murs. Lors d’un séjour en Afrique du Sud, il a observé l’importance du travail des abeilles pour les écosystèmes, et en revenant à Londres, où il vit, il s’est mis à peindre des abeilles dans le milieu urbain. Je les ai quant à moi essaimées un petit peu dans ce post…

Ses abeilles ont eu un succès énorme, et le mouvement a été repris sur les réseaux sociaux (voir #savethebees), tandis que des peintures naissaient sur les murs de Bristol, Devon, Glastonbury, en Croatie, à New York, à Miami et en Nouvelle Orléans.

Louis Masai Quai 36 Gare de Paris Nord

Louis Masai Quai 36 Paris Gare du Nord

Le 11 juin dernier, là là, ce jeudi, à Paris gare du Nord, Louis Masai peignait à quelques centimètres de votre honorée et émue servitrice, une abeille sur le mur du quai 36. Je dois avoir 98 photos, je vous en livre une ou deux… Au -1, il a également peint d’autres animaux en voie d’extinction sur les poteaux menant aux quais. Et ce n’est pas fini. J’ai donc pu voir ce joli insecte en train de prendre forme et couleurs sous mes yeux, me promener dans la gare pour voir le reste, et le reste, c’est aussi le travail de 15 autres Street Artists, invités par le collectif du Quai 36 et en partenariat avec SNCF Gares & Connexions à transformer la gare, à la rendre plus vivante, plus douce, plus émouvante aussi, les réactions et les échanges se multipliant au gré des sourires et yeux écarquillés que suscitent toutes ces œuvres. D’autres artistes sont encore là et l’opération se poursuit jusqu’au 8 juillet. La fresque quai 36, sur laquelle l’ensemble des artistes aura travaillé, est par ailleurs pérenne. Si vous passez par là…
Abeille Louis Masai

Louis Masai

Louis Masai - Autres animaux, Paris Gare du Nord

Louis Masai – Paris Gare du Nord

PS : si vous voulez en savoir plus sur l’opération de Quai 36, appelée Art Résidence, leur page facebook présente tous les jours de nouvelles photos et articles : https://www.facebook.com/quai36.org. Et si vous voulez en savoir plus sur le programme d’Obama, il y a par exemple cet article du Washington Post, très complet : http://www.washingtonpost.com/politics/whats-all-the-obama-buzz-about-bees/2015/05/18/5ebd1580-fd6a-11e4-805c-c3f407e5a9e9_story.html.

La crainte des carences – Episode 2: le fer

Etant donné que le fer se trouve presque exclusivement dans le sang de boeuf, qu’il faut donc boire sans modération, comment un végétarien fait-il pour ne pas être terriblement carencé?

Le fer est un élément indispensable à la création de certaines protéines, dont l’hémoglobine et la myoglobine. L’hémoglobine se trouve dans nos globules rouges; elle transporte l’oxygène de nos poumons vers nos tissus; la myoglobine la récupère puis la transporte à son tour vers les muscles, assurant leur bon fonctionnement. Quand quelqu’un manque vraiment de fer, il est pâle, très fatigué, et rapidement essoufflé; il souffre d’anémie.

Carence en fer alimentation végétarienneCertaines catégories de personnes sont plus facilement sujettes à l’anémie que d’autres; en l’occurrence, les femmes de moins de 50 ans, qui ont besoin de 18 mg par jour (contre 8 pour les hommes…) et les végétariens, parce que les fibres des céréales complètes et des légumes contiennent des phytates, composés phosphorés qui empêchent l’absorption du fer par l’intestin.

La méthode la plus efficace pour contrecarrer l’effet des phytates est de s’assurer un bon apport en vitamine C, une vitamine qui est par ailleurs excellente pour booster le système immunitaire et le système nerveux, donne une belle peau, est un antioxydant puissant et participe à la production de collagène… Il suffit de 50 mg de vitamine C -une quantité bien plus rapidement atteinte qu’il n’y paraît-, pour neutraliser les phytates.

En revanche, il ne suffit pas de prendre cette vitamine sous la forme d’un complément alimentaire; il faut manger au même repas des aliments contenant du fer et d’autres contenant de la vitamine C, ou bien sûr des aliments qui contiennent naturellement les deux. Mais vous allez voir, c’est aussi simple que délicieux de prendre soin de la santé de vos petits globules rouges !

Si vous aimez le chocolat, bingo! Le chocolat noir à + de 70% contient presque cinq fois plus de fer que le boeuf, vi madame. 100 grammes de chocolat = 12 mg de fer. A déguster éventuellement avec une orange ou des fraises, deux fruits particulièrement riches en vitamine C et particulièrement succulents avec le chocolat. Vous ne pourriez avoir meilleur prétexte pour vous adonner à ce plaisir!

Surprise un peu moins excitante, viennent ensuite les légumes à feuilles vertes, avec les épinards en première position. Oui, je sais, on a dit que la légende de Popeye n’était qu’une légende, et les épinards, ne contenant QUE 2,7 mg de fer pour 100 gr ne sont en effet pas LA meilleure source de fer. Mais attention, voilà l’astuce: à moins que vous les consommiez en salade, vous savez bien qu’il faut au moins quatre fois la quantité d’épinards frais pour obtenir une portion acceptable d’épinards cuits… Avec 180 gr d’épinards cuits, vous aurez 7 mg de fer. Pas mal, non? Accompagnés par exemple de patates douces (qui contiennent plus de vitamine C qu’une orange, du potassium, du magnésium et de la vitamine B6), ou assaisonnés d’un filet de jus de citron frais, leur apport est maximisé, l’absorption du fer assurée, et Popeye réhabilité.

carence fer épinards alimentation végétarienneToujours chez nos amis les légumes, et toujours post-cuisson, on citera la blette, le fameux kale, le chou vert et les navets. Attention, par un processus chimique que je suis tout à fait incapable d’expliquer, c’est quand ils sont cuits que la teneur en fer de ces légumes est maximale!

Les céréales et les légumineuses ne sont pas en reste. Le quinoa contient presque 3 mg pour une tasse,  les haricots rouges ou blancs et les pois chiches plus de 4 mg. Sont aussi recommandés le riz brun, le boulghour, le millet, l’avoine, l’amarante et les haricots de Lima. Si vous mangez des céréales au petit-déjeuner, ajoutez-y par exemple quelques fruits; si vous les préférez au déjeuner, un filet de jus de citron fera l’affaire.

Il y a encore bien d’autres aliments que vous adorez qui sont riches en fer, comme les noix de cajou, les amandes, les pistaches, le tofu également (5 mg pour 100 gr)… et je pourrais continuer ainsi longtemps. L’idée finalement, c’est donc de prendre la petite habitude de combiner des aliments dont les bienfaits s’additionnent, se complètent et se renforcent. Si vous manquez de fer, peut-être vous suffit-il maintenant d’en regrouper 2 ou 3 au sein d’un même repas chaque jour, et vous verrez votre énergie revenir, au grand galop évidemment! Si vous ne manquez pas de fer ou que vous n’en savez rien, vous ne pouvez de toute façon que vous faire du bien, car tous les aliments que j’ai mentionnés sont excellents pour la santé à plus d’une dizaine de titres. Si, si, je vous assure. Je pourrais écrire encore des lignes de passionnants ” X grammes de cette formidable vitamine, de tels minéraux etc pour X grammes de tel délicieux fruit, légume etc.”, mais je préfère vous laisser enfin tranquilles!

Pour ceux qui ne connaissent pas ceci…, un merveilleux moment de détente pas du tout hors sujet: http://www.ina.fr/video/I05057828. N’oubliez pas de boire 😉

Le fer dans l'alimentation végétarienneA très bientôt!

La COP21, les Gaz à Effet de Serre et l’alimentation carnée

En décembre de cette année 2015, la COP21 aura lieu à Paris. Qu’est-ce que c’est que la COP21 ? La Conférence des Nations-Unies sur les changements climatiques, soit la réunion de 196 pays, d’organismes intergouvernementaux et de représentants de la société civile, venus parler du climat. Et à quoi ça sert ? En théorie, principalement à « contenir le dérèglement climatique » en parvenant à un accord pour définir et « amplifier les engagements des États dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre »(1).

Curieuse, enthousiasmée, je vais sur le net lire quelques articles, pour voir entre autres qui seront les intervenants et quels seront les questions et thèmes abordés. Bien sûr, je cherche des yeux, pas du tout inconsciemment, le sujet qui me tient particulièrement à cœur. Page après page.

L’alimentation doit bien se trouver au centre des débats ou d’au moins un débat, étant donné l’impact ahurissant de l’élevage et de la surconsommation de viande sur, précisément, les émissions de gaz à effet de serre (GES). Le sujet sera abordé, il ne peut en être autrement, pas vrai ?

Tandis que je parcoure les différents sites et lis les déclarations des uns et des autres, le doute s’insinue en moi. J’ai déjà eu plus d’une fois ce sentiment, cet étonnement, cette inquiétude. La dernière fois, j’étais avec une amie à la Marche pour le climat à Marseille. J’étais ravie d’être là, évidemment, et ravie que tous ces gens marchent dans les rues de si nombreuses villes pour manifester leur engagement. Mais il n’y avait pas le moindre soupçon de début d’indice qu’éventuellement manger moins de viande serait une solution parmi d’autres.

En réalité, une solution particulièrement efficace. Que personne n’a manifestement envie de mentionner, de porter au cœur du débat. Sans doute parce que c’est déjà si difficile de parler de l’environnement, de l’écologie et de les changements que chacun de nous devrait apporter à ses habitudes, que parler de ce qui fâche le plus est une prise de risque trop importante. Peut-être qu’en abordant ce sujet, le risque existe de s’aliéner trop de gens durement acquis à la cause ?

Alors que des millions de gens ont compris l’importance de trier leurs déchets, d’utiliser moins d’eau pour les douches et les jardins, d’acheter des voitures hybrides ou de circuler en vélo autant que possible, leur montrer que diminuer la quantité de viande qu’ils mangent tous les jours aurait un impact bien supérieur à tous ces efforts, c’est apparemment trop. Il est malheureusement vrai que dès qu’on parle de végétarisme, de journées sans viande ou de cantines proposant autre chose que de la viande aux enfants, la colère, l’agressivité, une certaine forme de vexation peut-être, d’intransigeance, prennent le pas sur la réflexion.

Je vais quand même essayer. Et continuer d’espérer que ce sujet sera porté lors de la COP21. 3000 journalistes seront présents, 40 000 personnes sont attendues, et les représentants de 196 pays seront là ; on ne peut pas rater cette occasion de parler de l’impact qu’aurait ce changement dans nos habitudes alimentaires. Il n’y a même pas besoin qu’il soit radical, il faut que les gens en aient conscience, qu’ils sachent que ce sujet n’est pas seulement porté par un groupe minoritaire d’illuminés décidés à sauver les animaux ou à préserver leurs artères…

Les faits et chiffres qui suivent concernent principalement l’élevage bovin, ce type de bétail étant le plus polluant et destructeur de tous. Mais je n’utilise pas un extrême pour travestir la réalité ; bien qu’ils se trouvent à l’extrême de la « chaîne de pollution », les bovins sont tout de même 1,4 milliards sur la planète, dont 24 millions en Europe, et si le porc, la volaille, les œufs et les produits laitiers sont dix fois moins polluants, ça ne diminue en rien l’impact des uns, ni des autres.

Pour nourrir les pays de la planète qui mangent le plus de viande, les pays qui en consomment pour l’instant le moins ont dû se mettre à la culture de céréales. Non pas pour se nourrir eux donc, mais pour nourrir le bétail qu’ils exportent. Une réalité d’autant plus vicieuse que par conséquent, ces pays sont les plus polluants et risquent donc d’être montrés du doigt… Il ne faut surtout pas laisser cela se produire ! Ce serait un comble, d’un remarquable cynisme.

Pour produire 1 kilo de viande, il faut 7 kilos de céréales. Pour les cultiver, il est indispensable d’augmenter la surface de terre cultivable. Ce qu’on obtient en abattant les forêts… Selon Greenpeace, l’élevage bovin est responsable à 80% de la destruction de la forêt amazonienne ; ça fait mal, non ? Et 80% des importations de bovins pour l’Union Européenne, au sein de laquelle la France en est le plus gros consommateur, viennent d’Amérique du Sud(5).

Pour produire ce même kilo de viande, il faut plus de 15 000 litres d’eau. Vous vous rendez-compte ? 15 000 litres. Quand on sait qu’un Français mange en moyenne 240 grammes de viande par jour, ça fait grosso modo 15 000 litres d’eau par semaine par Français(5). Le même Français qui a cessé de prendre des bains, coupe le robinet quand il se brosse les dents et n’arrose plus son jardin qu’une fois tous les deux jours, parce qu’il faut penser à l’environnement et préserver les ressources en eau de la planète…

copyright-source FAO - FAO Livestock's long shadow

copyright-source: FAO – FAO Livestock’s long shadow

Par ailleurs, l’élevage pollue cette eau, réduit la biodiversité et compacte les sols qui deviennent stériles. Entre les déchets des animaux eux-mêmes, les engrais et les pesticides utilisés pour la culture, les hormones et les antibiotiques dont on les gave, et les produits chimiques, l’élevage est responsable de 64% des émissions d’ammoniac, qui cause les pluies acides. Youpi et reyoupi.

Quant aux fameux gaz à effet de serre (GES), ou « empreinte carbone », voici le bilan : l’élevage est responsable de 18% des émissions annuelles de gaz à effet de serre dans le monde. Soit plus que les transports, pourtant principaux pollueurs dans l’esprit des gens. En France, il est responsable de 11% de ces émissions(2). Il faut croire que les lobbys de la viande sont plus puissants que ceux des constructeurs automobiles…

http://www.unjoursanscopyright-source viande.be/deforestationetrechauffement.html

copyright-source: http://www.unjoursans viande.be

Ces gaz sont au nombre de trois ; le méthane, émis par les ruminants lorsqu’ils digèrent (là encore, les bovins pèsent plus lourd dans la balance que les cochons ou les poulets qui sont monogastriques) ; le dioxyde de carbone, émis tout au long du cycle de production de la viande, et le protoxyde d’azote, lié à l’épandage des engrais(2). En clair, 1 kilo de viande de veau équivaut à un trajet de 220 kilomètres, 1 kilo de blé ou de pommes de terre, à un créneau…3)

Quand on sait que la consommation de viande a quintuplé en cinquante ans – c’est démentiel !- et que les spécialistes estiment que d’ici 2050 elle va encore doubler, on ne peut que paniquer. En un mot, il est tout à fait impossible que les ressources naturelles puissent répondre à une telle demande. Et qu’en sera-t-il alors de la pollution ? Allons-nous encore une fois attendre qu’il soit trop tard ? Céder aux impératifs économiques à court terme ? Ou allons-nous enfin informer les gens et essayer, au moins, de faire une priorité du ralentissement progressif de cette surconsommation nocive à tous les niveaux ?

Qu’en pensez-vous?

copyright-source http://www.viande.info/schemas/effet-de-serre-selon-alimentation

copyright-source http://www.viande.info/schemas/effet-de-serre-selon-alimentation

Mes sources principales pour la rédaction de ce post, à lire si le sujet vous intéresse :
1. Le site de la COP 21 http://www.cop21.gouv.fr/fr
2. Le site http://www.la-viande.fr
3. Le site http://www.unjoursansviande.be
4. Les rapports de la FAO : http://www.fao.org/cfs/cfs-hlpe/rapports/fr/
5. http://www.notre-planete.info/actualites/actu_2202_surconsommation_viande.php

La crainte des carences – Episode 1 : les protéines

Décider d’arrêter de manger des animaux, ça c’était fait. Mais n’étant pas à la base quelqu’un qui aimait cuisiner, je me retrouvais avec une grosse question : comment allais-je cuisiner maintenant ? Je n’avais déjà pas une alimentation très équilibrée, préférant de loin combler ma faim avec une des boîtes de biscuits qui traînent toujours chez moi, plutôt que me mettre aux fourneaux.

Bizarrement, quand je mangeais de la viande et du poisson, je vivais avec l’impression que l’un dans l’autre, pour peu que je mange de temps en temps quelques légumes et des féculents, je ne risquais rien. Bref, à la fin de la semaine ou de l’année, l’ensemble de mes repas s’équilibrait sans doute et je ne m’en faisais pas du tout…

Mais soudain, je m’inquiétais. J’étais plus que décidée à préserver la vie pour me nourrir, mais pas vraiment à prendre de risques avec la mienne. Et clairement, je n’avais pas choisi de m’approprier ce régime de manière progressive et ne connaissais donc rien aux impératifs d’une vie végétarienne saine et équilibrée.

Les nombreux sites et blogs végétariens anglophones m’ont beaucoup aidée. Tout d’abord, je lus quelque part que l’un dans l’autre, mal manger végétarien était toujours mieux que manger de la viande tous les jours. L’information, dont peu m’importait la base sur laquelle elle se fondait, me rassura.

Au fil du temps, j’appris tout ce qu’il me fallait. Tout d’abord, quelques informations pour mettre définitivement de côté les a priori qui ont la vie dure et le muscle tonique : le végétarien n’est pas un être diminué, dont tous les muscles ont fondu tandis que sa peau s’est parée d’une pâleur grisée reflétant non seulement l’ineptie de son choix de vie mais aussi à quel point il est en réalité malheureux sans bacon.

Voici une toute petite liste de végétariens illustrant assez bien le propos: Carl Lewis. Eh oui ! Murray Rose, nageur australien cinq fois médaille olympique ; Martina Navratilova et Ivan Lendl, champions de tennis ; Scott Jurek, ultramarathonien américain ; et les 5000 adhérents à l’association américaine des bodybuilders végétaliens, que ne renierait pas Popeye !

Mais vous avez raison, ça ne vous dit pas comment je m’assure un apport suffisant en protéines sans devoir trimer des heures durant en cuisine avec des ingrédients inconnus à mon mini-bataillon de cuisinière du dimanche.

C’est simple ; oui, le corps humain a besoin de protéines, qu’il ne fabrique pas lui-même. Il a besoin de 0,8g de protéines par kilo et par jour. Mais que ces protéines soient animales ou végétales ne change rien. Et les protéines animales viennent souvent accompagnées de quelques copains qui sont à terme responsables de maladies cardio-vasculaires : cholestérol, graisses saturées, hormones, antibiotiques… Tandis que les protéines végétales ont aussi des copains, mais plus sympas : antioxydants, fibres, minéraux…

Parmi ces gentils fournisseurs, pas compliqués du tout et ne nécessitant guère plus de savoir culinaire ou de préparation que le bout de chair que vous déposez dans une poêle, se trouvent des céréales, des légumineuses, des noix et des légumes : une tasse d’épinards fournit 5g de protéines, une tasse de pois chiches 15, les lentilles 18, une poignée d’amandes 8, tout comme le quinoa ou les petits pois. L’essentiel est, comme c’est absolument toujours le cas en matière d’alimentation, de varier les sources et les ressources ! En somme, mangez varié et vous ne connaîtrez pas la carence.

Dans un prochain post, je vous donnerai quelques recettes simples et savoureuses pour prendre soin de vos papilles et de vos muscles ! Pour terminer celui-ci, voici quelques images trouvées sur un site végétarien anglophone. Apparemment, en Amérique ou en Angleterre, la question la plus fréquemment posée aux végétariens et que ces derniers trouvent la plus agaçante, est celle des protéines ; tandis qu’en France, d’après mon expérience, les gens ont privilégié la question très philosophique du meurtre des légumes… Il ne me reste qu’à créer mes propres petites vignettes humoristiques !

A bientôt, bon appétit, bonne journée et merci d’être là !

Veganfork VeganeatsmeaterVegan Gorilla