Monthly Archives: August 2015

Un jeu très actuel, pour revenir à nos fermes d’antan

Quelques jours après avoir écrit mon dernier post, je suis tombée sur un site mentionnant un jeu “honnête” pour les enfants; je suis de ce pas allée voir ce qu’il en était et en effet! L’association CIWF (une ONG œuvrant pour des pratiques d’élevage respectueuses du bien-être animal) a créé un jeu de ferme, tout à fait dans le même style que ce qu’on fait habituellement au niveau des couleurs, des formes simples et des mignons animaux, si ce n’est que l’idée est d’en entasser le plus possible, de leur donner des antibiotiques afin qu’ils soient “en bonne santé”, de déforester un maximum pour les nourrir, avant de les transformer en mini-tranches de lard ou en bouteille de lait qu’on emmène ensuite au supermarché dans un adorable camion!
antibiotics take-your-food-to-marketAbsolument excellent. Je pense que ce serai un outil pédagogique parfait pour expliquer aux enfants ce qui est fait dans le vilain monde de l’élevage intensif, partout sur la planète. En plus, les enfants aimeraient y jouer, il n’y a qu’à voir l’objet pour en être persuadé! Mais Your Farm n’est pas fabriqué ni vendu, bien sûr. Il s’agit d’une campagne, vraiment géniale, visant via l’adhésion à la liste des #FarmFixers (autrement dit, ceux qui “réparent” le système) et à diffuser le message auprès de personnes influentes. N’hésitez pas à vous inscrire (http://bit.ly/1MTTDH7) ou à aller regarder la publicité qu’ils ont conçue, également parfaite :  http://bit.ly/1Uct0Dh, ou encore leur site: www.ciwf.fr
IMG_0266   IMG_0482
De mon côté, je souhaite la fin de la consommation d’animaux, qui implique celle de l’élevage, mais il est indéniable que ce serait déjà une excellente chose si les animaux vivaient dans de meilleures conditions. Cet été, j’étais en Ecosse pour une dizaine de jours, et même si je sais qu’ils sont particulièrement fiers de leurs vaches Angus dont les steaks sont vantés dans pratiquement tous les restaurants, ainsi que leurs agneaux, snif, j’étais constamment émue de voir partout les moutons gambader dans des collines à perte de vue, les vaches se promener avec leur veau dans l’herbe vert vif, sans parfois ne serait-ce qu’apercevoir de clôtures. Je ne pouvais que penser à tous leurs congénères, enfermés dans des espaces ridicules et malodorants, torturés physiquement et psychologiquement, séparés de leurs petits, et me dire qu’à choisir, le “système” écossais m’irait -et leur irait, surtout!- bien mieux.
IMG_0558Le système écossais étant tout simplement comme vous le savez bien, l’exemple de ce qui se faisait avant; un élevage raisonnable, avec un nombre censé d’animaux qui vivaient à l’extérieur et mangeaient ce qu’ils sont naturellement supposés manger, respirant l’air frais, les sabots dans l’herbe et la terre…

Bin oui, c’était mieux avant 😉 et ça fait du bien parfois de voir encore des animaux comme ceux-ci, heureux et tellement beaux. Libérons tous les autres!! Et les cochons, et les poulets et les lapins et les lions et les orques et les dauphins, etc… En mangeant moins ou pas de viande ni de poisson, on va forcément réussir à provoquer une réaction, ne serait-ce que parce que les élevages intensifs n’auront plus de raison d’être. Vivement ce jour, qui approche, j’en suis certaine!

Bonne journée et bon week-end à tous, et un grand merci d’être là.

Les animaux, les enfants, et ce qu’on leur sert

Avez-vous remarqué que les enfants commencent quasiment toujours par imiter les différents cris des animaux, avant d’imiter ceux de leurs parents ? Combien y a-t-il de jeux différents pour apprendre aux tout-petits à faire miaou comme le chat, wouf comme le chien, meuh comme la vache et grouik grouik comme le cochon, savoir qui mange quoi, reconnaître les habitats des uns et des autres, différencier le pelage du plumage de l’écaille et du cuir ? Et je ne parle même pas des livres et dessins animés innombrables ou des omniprésentes peluches, que l’enfant peut serrer contre lui dès l’âge de 3 mois et jusqu’à celui de 99 ans si ça lui chante.
Livres et jeux enfants animaux
Peut-être que tous les enfants ne sont pas systématiquement ou naturellement attirés par les animaux, qui peuvent aussi simplement les intriguer ou leur faire peur, mais tout de même, on peut constater chez eux un net penchant pour ces autres êtres vivants tout doux à caresser. D’ailleurs, qui n’a pas vécu la joie d’emmener un enfant au parc et de constater la sienne à la vue de l’un ou l’autre animal, à l’approche d’un lapin, d’un veau ou d’un petit mouton ?
children animals
Avez-vous remarqué également que les enfants semblent tous traverser une période pendant laquelle ils ne veulent plus rien manger d’autre que du jambon et des saucisses accompagnés de coquillettes ou de purée, alors qu’à peine quelques mois avant, ils dévoraient des petits pots de fruits et légumes qu’ils ne recommenceront à aimer qu’une fois passée l’adolescence ?

Quel rapport me direz-vous ? Enfin, non, je suis sûre que vous ne me direz pas ça, mais ce rapport précisément, pourquoi n’est-il jamais fait clairement ? Ne serait-il pas normal d’expliquer à l’enfant qui s’apprête à déguster sa première tranche de jambon, sa première rondelle de la matière qui constitue une saucisse herta, d’où provient cette matière ? Comment on va tuer le porcelet qui l’a tellement fait rigoler le week-end dernier, comment on va dépecer le lapin qui l’a rendu hystérique d’émerveillement enfantin ? Et comment tous ces animaux sont traités au quotidien pour finir dans des paquets cellophanés?
children animals rabbit
Non, parce qu’il ne faut pas traumatiser les enfants, surtout pas en leur disant la vérité.
Pourtant, c’est la vérité. Et je trouve triste le contraste entre cette place prédominante que prend le monde animal dans le développement de l’enfant et dans son monde affectif, et celle qu’il ne prend plus du tout quand il s’agit de se mettre à table. Je comprends l’existence de ce paradoxe, mais j’ai de plus en plus de mal à le trouver normal. Tout comme je me fatigue doucement de cet autre contraste, celui entre les gros rires qui fusent si un enfant s’exclame devant moi qu’il adoooore le caneton farci , et les gros yeux qui me foudroient si jamais je suggère en chuchotant bien loin de toutes les mini-oreilles que cette visite à la ferme en mode bisounours est peut-être un peu hypocrite -tous ces « tu as vu mon chéri comme il est mignon le petit nanio », alors qu’on sait que deux jours plus tard la gorge du petit nanio sera tranchée pour que Pâques ait le même goût que l’année précédente …
children-feeding-lambs1
Que les enfants décident une fois qu’on leur a tout expliqué qu’ils ont quand même envie de manger du saucisson, du lapereau ou des cuisses de grenouille, soit, mais mon avis reflète plutôt celui exprimé par Harvey Diamond : « Mettez un enfant dans un berceau avec une pomme et un lapin. S’il mange le lapin et joue avec la pomme, je vous achète une voiture neuve ! ». Bon, soyons clairs, je ne vous achèterai pas de voiture, à la rigueur une trottinette, c’est moins polluant, moins dangereux et plus joli. Et jamais non plus je ne parlerai aux enfants de qui que ce soit à la place de leurs parents ; mais je pense vraiment que c’est une question à se poser, et que les enfants se poseront de toute façon un jour.

Copyright: Elena Shumilova - Ses photos sur https://500px.com/ElenaShumilova

Copyright: Elena Shumilova – Ses photos sur https://500px.com/ElenaShumilova

Et non, les images agrémentant votre lecture de ce post ne contiennent aucun message subliminal 😉