Monthly Archives: March 2015

Ma vie de veggie: est-ce que la viande me manque ?

Il serait trompeur, et risqué, de croire qu’à l’instant où vous prendrez la décision de ne plus manger de viande ni de poisson, le dégoût de ces ex-aliments vous envahira à la seule lecture des menus brandis sous votre nez par des serveurs aux desseins plus sournois encore que ceux du diable face à St-Antoine. De même qu’il est réducteur de s’imaginer que la plupart des végétariens n’aimaient sans doute guère la viande avant, ce qui explique leur étrange capacité à adopter un régime alimentaire qu’un vrai gastronome ne peut envisager sans sueurs froides, tremblements et vertiges.

Cette démarche implique des changements et de véritables renonciations. Pour autant, les motivations sont nombreuses, les frustrations sont minimes et elles disparaissent avec le temps, de manière parfois surprenante. Le corps, et la tête surtout, s’habituent à ce que les animaux ne soient plus les objets d’une possible convoitise gustative. Quelque chose se passe vraiment dans nos têtes.

copyright The Vegetarian Society

copyright The Vegetarian Society

Prenons mon cas. Je ne vais certes pas prétendre que j’étais une carnivore insatiable ; je ne supportais rien dans mon assiette qui me rappelle que je m’apprêtais à mettre en bouche une tranche de créature encore vivante il y a peu. Je n’ai jamais non plus supporté les boucheries, dont je trouve l’aspect répugnant, et c’est vrai, n’est-ce pas surréaliste en soi, grotesque dans l’absolu, cet étalage esthétisant de morceaux de cadavres, pieds, intestins, cervelles et langues, artistiquement disposés en un dégradé de rouges sur fonds blancs ? Qui plus est, ces lieux puent la mort, on la sent toujours à l’arrière-plan quelles que soient la quantité de javel et la température frigorifique dispensées pour tromper nos sens ; enfin bref, je m’égare…

Alors comme ça, vous payez quelqu'un pour tuer à votre place et vous mangez les corps, mais vous n'êtes pas un psychopathe?

Alors comme ça, vous payez quelqu’un pour tuer à votre place et vous mangez les corps, mais vous n’êtes pas un psychopathe?

Quoi qu’il en soit donc, malgré tout et nonobstant, le spaghetti bolognaise de ma mère était mon plat préféré avant que je devienne végétarienne. J’appréciais aussi le fondant de l’onglet aux échalotes, la saveur des coquilles St-Jacques, le croustillant du gras d’un magret, et comme tout le monde, j’ingurgitais nonchalamment tranche de saucisson après tranche de saucisson à la moindre occasion. Oui, je connaissais les plaisirs de la chair, crue et cuite.

Fut-ce facile d’y renoncer ? Oui et non. Passés les moments d’euphorie et d’auto-félicitation, l’excitation des nouvelles recettes, nouveaux plats, nouveaux ingrédients et nouvelles saveurs, il faut sortir de chez soi. Il faut expliquer aux amis qu’on aimerait qu’il y ait aussi des légumes crus à l’apéro ou qu’on commande aussi une pizza sans jambon. Puis dénicher au restaurant un plat qui ne comporte ni viande ni poisson mais nous donne quand même envie. Et où qu’on soit, résister parfois à l’appel des odeurs familières et des intitulés qui nous mettaient fut un temps l’eau à la bouche.

En effet, si la chair est faible, son attrait est puissant. Je me souviens en particulier de mes tourments quand on me décrivit la longue préparation d’un jarret enduit de miel et passé au four ; quand mes amis ramenèrent du marché des cuisses de canard pour le barbecue du soir ; les premières fois où de petits bols d’odorant saucisson sec furent déposés à droite à gauche sur les tables basses. Je n’ai pas toujours su résister. Il m’est même arrivé d’avoir une envie irrépressible de hamburger. Pas d’un hamburger maison hein, d’un bon gros hamburger dégueu, du type indigérable en moins de 18 heures, que je ne mangeais même pas avant d’avoir arrêté la viande…

Donc oui, il faut se préparer au fait qu’à un moment la viande nous manque, et que notre organisme en réclame.

Mais mais mais, non seulement ce n’est pas bien grave, mais tout cela n’a qu’un temps. Après tout, quand vous avez décidé de commencer à trier vos déchets, vous ne vous en êtes pas voulu pendant des jours si par malheur vous réalisiez avoir mis le carton dans la poubelle des déchets ménagers ? Vous saviez que votre intention était bonne et qu’à terme, vous alliez y arriver. Ici, d’accord c’est un peu différent, mais bon l’idée à retenir, c’est qu’il faut essayer d’avoir la même attitude. Pas besoin d’être parfait, forcément vous allez reluquer la viande en sauce du voisin alors qu’aujourd’hui vous êtes conscient qu’il s’agit d’un morceau prélevé sur le corps d’un ex-petit agneau adorable qui gambadait tranquillou avec sa maman dans les prés fleuris.

Vegetarian-vegetarians-572524_960_623.gif

Mais il y a quelques jours à peine, peu vous importait, alors respirez, pensez au petit bestiau adorable susmentionné ou à toute autre image qui vous a motivé à faire ce choix magnifique du végétarisme et tout va très bien se passer. Que vous craquiez ou non. Vous verrez, votre corps et votre tête vont vous aider, bien plus rapidement que vous ne l’imaginez, à tourner cette page de votre vie alimentaire.

Non seulement on est porté par le bien-fondé de notre démarche, non seulement décliner les tentations est loin d’être insurmontable (je vous suggère quand même d’annoncer votre décision à vos amis et proches, car leur regard sur vous vous aidera à ne pas craquer ; si vous ne dites rien à personne, c’est d’autant plus simple de prendre quelques rondelles de sifflard ni vu ni connu, avant d’aller se flageller dans l’antichambre…), mais en plus et surtout, notre cerveau nous aide à enraciner notre décision, de manière parfois frappante.

Prenons encore moi. Un jour, j’ai décidé de m’accorder une toute petite mais vraiment de rien du tout infraction parce que j’avais vraiment trop envie de ce je-ne-sais-plus-quoi. J’ai vécu un choc et une révélation, frappante, donc : je ne vivais pas du tout le grand moment de plaisir gustatif extatique attendu, avec larme à l’œil et retenez-moi ou je mange tout le reste, mais au contraire un moment très désagréable… Le goût « viandeux », « animal » de ce que j’avais en bouche était bien trop fort; j’avais l’impression de manger je ne sais pas moi, un bout de gibier faisandé, la vieille semelle d’un bouc… en tout cas au lieu de trouver ça bon et de soupirer d’aise, je me retrouvais avec de la chair cuite dans la bouche.

J’étais étonnée, par l’expérience bien sûr, par le fait d’avoir cédé à mes principes pour finalement si peu, mais surtout fascinée ; je pense vraiment que le cerveau reconnecte petit à petit le fait de manger de la viande à des notions négatives, à une façon de vivre et de faire qu’on refuse désormais, et que par conséquent, notre corps ne peut plus vivre cette expérience de manière « savoureuse ». En tout cas, je vous assure que même si je divague sur la plasticité du cerveau et son rôle dans ce processus, vous vivrez aussi ce détachement progressif, ce désintérêt ; et que si vous craquez, eh bien allez-y -c’est mieux que de continuer à fantasmer sur la viande au risque d’abandonner tout à fait- et vous verrez qu’après avoir craqué quelques fois, vous en aurez de moins en moins envie.

Jusqu’à ce que ça vous soit complètement égal. Que vous ne vous souveniez même plus de ce qui vous avait fait craquer, comme je ne me souviens plus de ce qu’était en réalité ce fameux morceau de bouc. Après quatre ans de végétarisme -et quelques infractions plus ou moins assumées-, même écrire certains paragraphes de cet article m’a rappelé à quel point nos choix nous transforment. Paragraphe 6, je ne parvenais pas à décrire ce que je trouvais si appétissant il y a trois ans: j’avais d’abord écrit « cochon », mais c’était un peu dégoûtant ; j’ai réécrit la phrase plusieurs fois sans être satisfaite, et finalement j’ai mis « jarret »…

Aujourd’hui, un cochon n’est plus pour moi autre chose qu’un petit animal génial, et écrire qu’un cochon au miel me donnait à ce point envie d’en manger ne me semble même plus crédible ! Etonnant, non?

schnock12

Les délicieux oeufs brouillés sans oeufs de la géniale Jeanne

Une nouvelle recette, déjà, que se passe-t-il, me serais-je mise à cuisiner non stop ? Eh non, j’ai juste profité du week-end pour en faire deux, et pas des plus compliquées non plus…

Celle-ci était dans mes tiroirs depuis quelques semaines ; j’étais très curieuse de l’essayer, car c’est une lectrice de ce blog qui a eu la gentillesse de me la donner, suite à quelques échanges en coulisses. De plus, l’ingrédient principal de la recette est le tofu, que j’ai à cœur de vous faire découvrir autrement ; c’est un ingrédient formidable et ce plat-ci le prouve encore une fois !

La recette est aussi surprenante que son intitulé est intrigant. Très simple à réaliser et tout à fait conforme à ce qu’elle annonce. Je les ai préparés pour le petit-déjeuner. J’ai vraiment eu l’impression de voir cuire des oeufs et de manger ensuite des oeufs brouillés.
Oeufs brouillés et champignons sur toasts
Je les ai accompagnés comme je les aime habituellement, avec des toasts et des champignons. Malheureusement, je n’avais pas de « baked beans », que j’adore quand je suis en mode brunch ou à l’hôtel, mais j’en trouverai pour la prochaine fois !
Oeufs brouillés sans oeufs, champignons et toasts
A préparer donc à votre guise, pour un petit-déj, un brunch ou un plat vite fait bien fait, avec des pommes de terre, des légumes ou à l’anglaise comme moi ! Des oeufs brouillés sans casser un oeuf, c’est sympa non ? Les poules vous en seront reconnaissantes et vous auriez, sans le savoir mangé végétalien, si je ne venais pas de vendre la mèche…

Merci mille fois Jeanne pour cette recette, que j’ai hyper légèrement modifiée en ajoutant quelques brins de ciboulette à la place de la coriandre.

Bon appétit à tous, merci d’être là et à bientôt.

Les délicieux oeufs brouillés sans oeufs de la géniale Jeanne
 
Prep time
Cook time
Total time
 
De délicieux oeufs brouillés, tout plein de protéines, sans briser un oeuf ou un coeur de poulette...
Author:
Recipe type: Petit-déjeuner
Serves: 4
Ingredients
  • 400 gr de tofu ferme
  • 4 cuillères à soupe de levure de bière maltée
  • 3 cuillères à soupe de moutarde de Dijon douce
  • De la coriandre fraîche hachée, ou quelques brins de ciboulette
  • Sel et poivre
Instructions
  1. Pour le tofu, vous connaissez tous la consigne maintenant, n’est-ce pas ? 😉 Vous sortez le tofu de son emballage, et vous le pressez longuement entre plusieurs feuilles de sopalin, jusqu’à ce qu’un maximum d’eau en ait été exprimé. Vous pouvez aussi le mettre au four à la température la plus basse possible pendant une dizaine de minutes, ce qui finira de le « sécher » et de lui donner une consistance plus ferme.
  2. Vous découpez le tofu en cubes, que vous émiettez ensuite entre vos doigts au-dessus d’un saladier, pour obtenir comme le dit Jeanne, une sorte de « crumble » : votre future brouillade.
  3. Ajoutez dans le saladier la levure de bière et la moutarde. Un peu de coriandre si vous choisissez d’en mettre. Mélangez le tout.
  4. Faites chauffer une poêle avec un trait d’huile d’olive. Quand elle est chaude, versez-y le tofu. Salez et poivrez à votre goût.
  5. Couvrez la poêle et faites cuire à feu doux en remuant de temps en temps pour ne pas que ça accroche. Si vous voulez mettre un peu de ciboulette, ajoutez-la 2 minutes avant de servir.
  6. Quand votre préparation ressemble tout à fait à des oeufs brouillés, ni secs ni grillés, c’est prêt. Et délicieux.

Steak de chou-fleur, sauce aux câpres

Une recette comme on les aime, épatante à plus d’un titre: presque pas de préparation et la garantie d’intriguer vos convives, avant de les convertir à votre plat et de leur donner une seule envie: re-essayer chez eux! Si, si, testez-la, vous allez voir!

Bon ok, il faut aimer le chou-fleur. Mais à part ça, c’est garanti j’vous dis!

Les courses: achetez un beau gros chou-fleur, car vous allez devoir le découper comme un pain à l’ancienne, en grosses tranches qui tiendront lieu donc de “steaks”. Pour accompagner ces steaks, à part la sauce dont la recette suit, choisissez un légume et/ou un féculent, peu importe lesquels. En gros, faites exactement comme s’il s’agissait de steaks.

Les steaks avant cuisson

   Les steaks avant cuisson

Pour ma part, j’ai choisi des épinards frais, cuits simplement à la vapeur, car le goût citronné de la sauce s’y marie très bien, mais des haricots verts ou des petits pois-carottes auraient aussi bien fait l’affaire. Vous pouvez aussi servir une purée de pommes de terre, de la polenta ou du riz, excellents aussi avec la sauce.

 

Les steaks en fin de cuisson

Les steaks en fin de cuisson

 

Comme vous le voyez sur ces photos, je ne me suis guère préoccupée que le chou-fleur se désintègre par endroits; du moment que vous obtenez 2-3 beaux steaks, peu importe; dans tous les cas c’est délicieux!

Steak de chou-fleur, sauce aux câpres
 
Author:
Recipe type: Plat
Ingredients
  • 1 chou-fleur, débarrassé des feuilles et de son pied
  • 2 échalotes, finement émincées
  • 8-10 champignons, coupés en lamelles
  • 2 cuillères à soupe de câpres
  • 3 cuillères à soupe de jus de citron pressé
  • ⅓ de tasse de vin blanc sec
  • Du persil frais
  • De l'huile d'olive
  • Du sel et du poivre
Instructions
  1. Préchauffez le four à 200°
  2. Huilez légèrement la plaque (j'utilise un morceau de sopalin que j'imbibe d'huile d'olive)
  3. Placez le chou-fleur sur une planche à découper, et, avec un couteau à pain, coupez de grandes tranches d'environ 1,5 cm de large et déposez-les sur la plaque; si quelques morceaux tombent à droite à gauche, aucune importance, laissez-les là avec les autres
  4. Poivrez, salez et versez un peu d'huile au-dessus de vos steak; enfournez-les, ils cuiront pendant que vous préparerez tranquillement la sauce (15 minutes de chaque côté environ, le temps qu'ils prennent une belle couleur et soient suffisamment moelleux)
  5. Pour la sauce, mettez 2 cuillères à café d'huile dans une grande poêle et chauffez à feu moyen
  6. Ajoutez les échalotes et laissez doucement revenir 2-3 minutes
  7. Ajoutez les champignons, laissez 2 minutes
  8. Ajoutez le vin, les câpres et le jeu de citron et laissez mijoter, le temps que la sauce réduise légèrement et que les saveurs se mêlent (5 minutes)
  9. Juste avant de servir, parsemez la sauce de quelques brins de persil, et versez la sauce sur les steaks, c'est prêt!

La COP21, les Gaz à Effet de Serre et l’alimentation carnée

En décembre de cette année 2015, la COP21 aura lieu à Paris. Qu’est-ce que c’est que la COP21 ? La Conférence des Nations-Unies sur les changements climatiques, soit la réunion de 196 pays, d’organismes intergouvernementaux et de représentants de la société civile, venus parler du climat. Et à quoi ça sert ? En théorie, principalement à « contenir le dérèglement climatique » en parvenant à un accord pour définir et « amplifier les engagements des États dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre »(1).

Curieuse, enthousiasmée, je vais sur le net lire quelques articles, pour voir entre autres qui seront les intervenants et quels seront les questions et thèmes abordés. Bien sûr, je cherche des yeux, pas du tout inconsciemment, le sujet qui me tient particulièrement à cœur. Page après page.

L’alimentation doit bien se trouver au centre des débats ou d’au moins un débat, étant donné l’impact ahurissant de l’élevage et de la surconsommation de viande sur, précisément, les émissions de gaz à effet de serre (GES). Le sujet sera abordé, il ne peut en être autrement, pas vrai ?

Tandis que je parcoure les différents sites et lis les déclarations des uns et des autres, le doute s’insinue en moi. J’ai déjà eu plus d’une fois ce sentiment, cet étonnement, cette inquiétude. La dernière fois, j’étais avec une amie à la Marche pour le climat à Marseille. J’étais ravie d’être là, évidemment, et ravie que tous ces gens marchent dans les rues de si nombreuses villes pour manifester leur engagement. Mais il n’y avait pas le moindre soupçon de début d’indice qu’éventuellement manger moins de viande serait une solution parmi d’autres.

En réalité, une solution particulièrement efficace. Que personne n’a manifestement envie de mentionner, de porter au cœur du débat. Sans doute parce que c’est déjà si difficile de parler de l’environnement, de l’écologie et de les changements que chacun de nous devrait apporter à ses habitudes, que parler de ce qui fâche le plus est une prise de risque trop importante. Peut-être qu’en abordant ce sujet, le risque existe de s’aliéner trop de gens durement acquis à la cause ?

Alors que des millions de gens ont compris l’importance de trier leurs déchets, d’utiliser moins d’eau pour les douches et les jardins, d’acheter des voitures hybrides ou de circuler en vélo autant que possible, leur montrer que diminuer la quantité de viande qu’ils mangent tous les jours aurait un impact bien supérieur à tous ces efforts, c’est apparemment trop. Il est malheureusement vrai que dès qu’on parle de végétarisme, de journées sans viande ou de cantines proposant autre chose que de la viande aux enfants, la colère, l’agressivité, une certaine forme de vexation peut-être, d’intransigeance, prennent le pas sur la réflexion.

Je vais quand même essayer. Et continuer d’espérer que ce sujet sera porté lors de la COP21. 3000 journalistes seront présents, 40 000 personnes sont attendues, et les représentants de 196 pays seront là ; on ne peut pas rater cette occasion de parler de l’impact qu’aurait ce changement dans nos habitudes alimentaires. Il n’y a même pas besoin qu’il soit radical, il faut que les gens en aient conscience, qu’ils sachent que ce sujet n’est pas seulement porté par un groupe minoritaire d’illuminés décidés à sauver les animaux ou à préserver leurs artères…

Les faits et chiffres qui suivent concernent principalement l’élevage bovin, ce type de bétail étant le plus polluant et destructeur de tous. Mais je n’utilise pas un extrême pour travestir la réalité ; bien qu’ils se trouvent à l’extrême de la « chaîne de pollution », les bovins sont tout de même 1,4 milliards sur la planète, dont 24 millions en Europe, et si le porc, la volaille, les œufs et les produits laitiers sont dix fois moins polluants, ça ne diminue en rien l’impact des uns, ni des autres.

Pour nourrir les pays de la planète qui mangent le plus de viande, les pays qui en consomment pour l’instant le moins ont dû se mettre à la culture de céréales. Non pas pour se nourrir eux donc, mais pour nourrir le bétail qu’ils exportent. Une réalité d’autant plus vicieuse que par conséquent, ces pays sont les plus polluants et risquent donc d’être montrés du doigt… Il ne faut surtout pas laisser cela se produire ! Ce serait un comble, d’un remarquable cynisme.

Pour produire 1 kilo de viande, il faut 7 kilos de céréales. Pour les cultiver, il est indispensable d’augmenter la surface de terre cultivable. Ce qu’on obtient en abattant les forêts… Selon Greenpeace, l’élevage bovin est responsable à 80% de la destruction de la forêt amazonienne ; ça fait mal, non ? Et 80% des importations de bovins pour l’Union Européenne, au sein de laquelle la France en est le plus gros consommateur, viennent d’Amérique du Sud(5).

Pour produire ce même kilo de viande, il faut plus de 15 000 litres d’eau. Vous vous rendez-compte ? 15 000 litres. Quand on sait qu’un Français mange en moyenne 240 grammes de viande par jour, ça fait grosso modo 15 000 litres d’eau par semaine par Français(5). Le même Français qui a cessé de prendre des bains, coupe le robinet quand il se brosse les dents et n’arrose plus son jardin qu’une fois tous les deux jours, parce qu’il faut penser à l’environnement et préserver les ressources en eau de la planète…

copyright-source FAO - FAO Livestock's long shadow

copyright-source: FAO – FAO Livestock’s long shadow

Par ailleurs, l’élevage pollue cette eau, réduit la biodiversité et compacte les sols qui deviennent stériles. Entre les déchets des animaux eux-mêmes, les engrais et les pesticides utilisés pour la culture, les hormones et les antibiotiques dont on les gave, et les produits chimiques, l’élevage est responsable de 64% des émissions d’ammoniac, qui cause les pluies acides. Youpi et reyoupi.

Quant aux fameux gaz à effet de serre (GES), ou « empreinte carbone », voici le bilan : l’élevage est responsable de 18% des émissions annuelles de gaz à effet de serre dans le monde. Soit plus que les transports, pourtant principaux pollueurs dans l’esprit des gens. En France, il est responsable de 11% de ces émissions(2). Il faut croire que les lobbys de la viande sont plus puissants que ceux des constructeurs automobiles…

http://www.unjoursanscopyright-source viande.be/deforestationetrechauffement.html

copyright-source: http://www.unjoursans viande.be

Ces gaz sont au nombre de trois ; le méthane, émis par les ruminants lorsqu’ils digèrent (là encore, les bovins pèsent plus lourd dans la balance que les cochons ou les poulets qui sont monogastriques) ; le dioxyde de carbone, émis tout au long du cycle de production de la viande, et le protoxyde d’azote, lié à l’épandage des engrais(2). En clair, 1 kilo de viande de veau équivaut à un trajet de 220 kilomètres, 1 kilo de blé ou de pommes de terre, à un créneau…3)

Quand on sait que la consommation de viande a quintuplé en cinquante ans – c’est démentiel !- et que les spécialistes estiment que d’ici 2050 elle va encore doubler, on ne peut que paniquer. En un mot, il est tout à fait impossible que les ressources naturelles puissent répondre à une telle demande. Et qu’en sera-t-il alors de la pollution ? Allons-nous encore une fois attendre qu’il soit trop tard ? Céder aux impératifs économiques à court terme ? Ou allons-nous enfin informer les gens et essayer, au moins, de faire une priorité du ralentissement progressif de cette surconsommation nocive à tous les niveaux ?

Qu’en pensez-vous?

copyright-source http://www.viande.info/schemas/effet-de-serre-selon-alimentation

copyright-source http://www.viande.info/schemas/effet-de-serre-selon-alimentation

Mes sources principales pour la rédaction de ce post, à lire si le sujet vous intéresse :
1. Le site de la COP 21 http://www.cop21.gouv.fr/fr
2. Le site http://www.la-viande.fr
3. Le site http://www.unjoursansviande.be
4. Les rapports de la FAO : http://www.fao.org/cfs/cfs-hlpe/rapports/fr/
5. http://www.notre-planete.info/actualites/actu_2202_surconsommation_viande.php