Monthly Archives: January 2015

Aoste, tu l’auras voulu!

Hier soir j’eus le déplaisir de découvrir la nouvelle publicité de la marque Aoste. Quand bien même j’essayai alors de m’apaiser en émettant l’idée que s’ils font ce genre de publicités c’est qu’ils ont peur de la vague végétarienne qui s’abat inexorablement sur le monde, j’y pense encore aujourd’hui sans me sentir apaisée du tout. Passons sur la compilation de clichés supposément drôles que cette publicité nous force à avaler, tout comme elle voudrait nous faire avaler des paquets de tranches de viande industrielle composée de carcasses d’animaux mal nourris et maltraités, sur-stressés et bourrés d’antibiotiques avant d’être tués dans des conditions épouvantables.

Enfin, je dis passons, mais en fait j’ai envie de m’arrêter. Est-ce que vous avez remarqué que dans les pubs, les gens qui mangent du jambon sont en costume et en robe de soirée et dégustent des tranches de gras avec un raffinement aussi érotisé que le permet l’extraordinaire monde de la publicité ? Ici nous avons au contraire des végétariens typiques, c’est-à-dire, comme le veut l’arrogante ignorance et l’humour à même pas deux balles de l’agence de pub payée par Aoste, des semi-hippies d’un autre temps, coiffés à la serpe et dépenaillés, vivant apparemment dans une grange, qui ne mangent je cite que “du céleri et de la salade”. Pas du tout la classe du dévoreur de cochonnailles aux doigts manucurés enfoncés dans des rillettes.

L’ado de la famille se plaint de ce qu’il n’a pas choisi d’être un lapin et ses parents, cessant de lutter quand même la mention d’un steak de tofu ne parvient pas à rappeler à leur fils toute la richesse de leur mode alimentaire (à ce stade évidemment le spectateur n’en peut plus de se tenir les côtes tant c’est drôle), acceptent d’accéder à sa supplique de l’emmener non pas au McDo comme je m’y attendais, mais devant le rayon charcuterie d’un supermarché. C’est si beau un rayon de supermarché… Des néons plein la figure, voilà notre famille de végétariens debout devant des frigos d’un blanc surnaturel, absorbés par la prometteuse et si alléchante vision de dizaines de paquets plastifiés sous vide. Heureusement, ils savent ce qui est bon (dans une autre vie ils étaient sans doute les représentants de l’autre cliché, celui des gens riches qui aiment la charcute sous cellophane) et repèrent parmi les centaines de jambons le seul qui vaille la peine de trahir tous leurs principes…

Quelques lignes de contre-publicité s’imposent donc, maintenant qu’on a bien rigolé. Et non poilé, parce que je suis contre ; c’est vrai quoi, qu’on laisse les poils tranquilles !

Si la vallée d’Aoste au nord de l’Italie est en effet réputée pour ses procédés artisanaux et sa petite production de jambon cru, la marque Aoste sévit en Isère, possède aussi les marques Justin Bridou et Cochonou et fabrique des centaines de milliers de tranches de soi-disant jambon, mi-cuit d’ailleurs et non cru, parfaitement dégueulasses à tous points de vue, puisque même leur nom n’est qu’une énième tentative de tromper le consommateur amateur de bonne chère et chair.

Le jambon, d’Aoste ou d’ailleurs, est fait à partir de la viande de l’arrière-train et des pattes arrières du cochon. Elle est transformée selon la méthode ancestrale qui assurait aux soldats de mourir pour des raisons plus patriotiques qu’une viande avariée et qui consiste à tremper la viande dans une solution extrêmement salée. Ce qui n’est bon ni pour la pression sanguine, ni pour la santé de nos cellules, aggrave les inflammations, les problèmes d’articulations et de ballonnements. Par ailleurs, c’est une viande riche en graisses saturées, fortement déconseillée par le Fonds Mondial de Recherche contre le Cancer (WCRF), qui a publié en 2011 un rapport de 850 pages reliant directement le cancer des intestins à la consommation de viande rouge et de viande transformée. Le Fonds conseillait de limiter la première et d’arrêter la seconde…

Puisque nous remontons la chaîne, voici quelques informations sur le cochon. De nombreuses expériences montrent que les cochons sont plus intelligents que les chats et les chiens. Ils sont capables de résoudre des problèmes, de jouer à des jeux sur un ordinateur, eh oui… et se reconnaissent dans un miroir (ces expériences ont notamment été menées à Cambridge et si vous ne me croyez pas, je vous retrouverai les articles!). Ce sont des créatures particulièrement sociables, qui aiment les câlins, les jeux, et développent de véritables relations les uns avec les autres. Ils sont remarquablement propres, contrairement à l’image qu’on s’en fait, et ne se couvrent de boue que pour éviter les coups de soleil et se protéger de la chaleur, car ils n’ont pas de glandes sudoripares et ont la peau fine et claire.

Dans les élevages intensifs, les mamans sont inséminées pour produire le plus de petits porcelets possibles, lesquels meurent pour moitié, tandis que leur mère les allaite à travers les barreaux d’une cage si petite qu’elle ne peut pas bouger davantage que pour se lever ou se coucher. Les petits ont la queue et certaines dents coupées, soi-disant pour ne pas se faire mal, ce qui n’arrive jamais dans la nature mais peut survenir quand ces pauvres animaux sont rendus fous par leurs conditions de survie et l’ennui. Ils peuvent aussi être castrés, pour rendre la prise de poids plus rapide. Quand vient pour eux le moment d’enfin quitter cette misérable existence qui n’en a que le nom, ils sont pendus par les pieds, assommés, et dans 20% des cas, se réveillent avant que leur gorge soit tranchée.

Histoire de ne rien oublier et parce que c’est tout aussi grave, les gens qui travaillent dans ces usines sont souvent particulièrement malheureux, voire déprimés. Ramasser chaque matin des porcelets morts et croiser le regard terrible des mamans pour un salaire minimal doit en effet être bien moins rigolo que les publicités que leurs patrons paient à prix d’or à des agences de crétins. Enfin, youpi youplala, n’oublions pas non plus que l’Europe importe chaque année d’Asie orientale et d’Amérique du Sud des tonnes de viande de cochons, élevés dans des fermes qui ne bénéficient pas des merveilleuses régulations qui sont les nôtres…

Maintenant, si vous avez encore envie d’aider Aoste à faire du chiffre, ou si vous trouvez toujours que quand même leur pub est marrante, je ne peux vraiment plus rien pour vous!

Mille pensées à vous tous, bonne soirée et à bientôt. La prochaine fois ce sera plus léger, c’est promis 😉

Au supermarché

L’histoire d’Emilie l’éléphante, heureuse maman d’Emma

Je crois profondément -vous vous en doutez mais vous le constaterez régulièrement au fil du temps et de mes posts, preuves ou faits à l’appui- que les animaux sont tous doués d’émotions et d’intelligence. On ne sait pas encore à quel point, mais on le découvre un peu plus chaque jour, au détour d’expériences, d’observations ou simplement d’histoires comme celle que j’ai lue aujourd’hui.

Emilie a été sauvée en 1993 par la DSWT (David Sheldrick Wildlife Trust), un Fonds qui récupère les bébés rendus orphelins par le braconnage, qui comme vous le savez, se poursuit encore hélas dans pas mal de contrées… Les soignants prennent soin des éléphanteaux, les nourrissent et les aident à devenir adultes et indépendants, puis les rendent à la vie sauvage, à laquelle ils appartiennent. 100% magnifique.

C’était le cas d’Emilie, qui vivait avec ses congénères dans le Tsavo, et avait déjà eu un petit. Quand vint pour elle le moment d’accoucher de son deuxième en décembre dernier, il y a quelques semaines, elle décida de revenir une nouvelle fois vers ceux qui l’ont aimée et aidée, qui ont assuré sa sécurité et sa survie pendant les premiers mois de sa vie.

Ainsi est née Emma, et cette adorable histoire à ajouter à toutes les histoires de ces animaux si humains. Humains, un terme que j’utilise selon la définition des dictionnaires: “Humain” = compatissant, compréhensif, bienfaisant, indulgent, secourable, sensible, bienveillant, bon… Quant à la définition générale: “Humain” = propre à l’homme… permettez-moi d’émettre quelques réserves…

Je vous invite vraiment à aller voir le petit film tourné juste après la naissance d’Emma; ça fait du bien, tout simplement, de voir ce tout petit être, entourée de sa mère et d’autres éléphants qui l’aident gentiment à se lever pour la première fois. http://www.sheldrickwildlifetrust.org/updates/updates.asp?ID=757

En espérant que cette petite histoire vous aura fait chaud au coeur et rappelé à quel point rien n’est plus beau et plus puissant que la gentillesse, en ces temps de douleur, de violence et d’incitations à la division et à la haine…

7 janvier 2015 Un charlie-veggie bien moins heureux…

J’ai hésité à m’exprimer au sujet du 7 janvier 2015 sur ce blog, me demandant si c’était justifié, cohérent, si ça avait du sens. Mais c’était une erreur.

Bien sûr que c’est cohérent. Ce blog, destiné à partager mes péripéties de veggie et les informations que je glane ici et là, véhicule dans le récit-même de ma manière de vivre, ma conviction profonde que nous faisons partie d’un ensemble plus vaste -une planète, une population humaine et animale, un écosystème- et que nous sommes donc responsables des choix que nous faisons chaque jour. Des choix qui selon moi doivent être guidés en premier lieu par le respect de la vie quelle qu’elle soit, par la compassion et la bienveillance.

L’acte meurtrier perpétré contre des innocents, contre des dessinateurs, des journalistes, des civils et des policiers m’a bouleversée. Comme vous, comme la plupart des gens autour du globe, j’ai vécu ces derniers jours hébétée, désemparée, puis furieuse face à tant de violence et de stupidité, face au non-sens insupportable que représente la mort de ces gens.

Comme cela a été souvent et justement dit, cet acte a aussi meurtri les fondements de nos démocraties, la liberté et le droit de chacun à avoir et à exprimer les opinions et les croyances qui sont les siennes… Il nous faut réfléchir aux raisons pour lesquelles vivre ce drame a été possible, et rendu possible ; il nous faut continuer comme nous le faisons depuis quelques jours, à nous tenir serrés, à nous retrouver autour de ces notions fondamentales, et à considérer les autres, tous les autres, avec plus d’amour. Je crains plus que tout aujourd’hui les dérives, toutes aussi terrifiantes que le massacre abject qui leur a ouvert la porte… J’espère de tout coeur que nous saurons empêcher la bêtise et la barbarie d’avoir le dessus. Pour une fois, pour cette fois, pour l’avenir.

Voici quelques dessins qui montrent encore une fois que nos controversés, généreux, outranciers et terriblement regrettés disparus ne loupaient rien en matière d’in-humanité…

Cabu

Cabu

 

 

Charb, irrésistible...

Charb, irrésistible…

 

 

 

Etre végétarien -végétalien, végan, veggie ???- à Noël

Avant d’entrer dans le vif du sujet, j’ouvre une petite mais importante parenthèse pour vous souhaiter à tous une très belle Année 2015. En espérant qu’elle vous apportera santé, joie, prospérité, sérénité, confiance en vous et en l’avenir, et qu’elle sera riche en découvertes, surprises et accomplissements !

by Jan Vis

dessin de Jan Vis

Ma nouvelle année commence bien sûr avec ce post, première contribution au projet 2015 qui m’est le plus cher : mon blog !

Tout d’abord, je me disais qu’il fallait peut-être expliquer la différence entre tous ces gens qui ont choisi un mode de vie, ou d’alimentation, en « V » ; alors voici : le végétarien est quelqu’un qui ne mange ni viande, ni poisson. Rien qui doive être tué, en somme ; le végétalien est un végétarien qui ne mange pas non plus les produits d’origine animale, comme les œufs, le lait, le miel et leurs dérivés. Pour ces deux catégories de personnes, le « V »-isme est donc un mode d’alimentation, tandis que le végan a fait un choix non seulement alimentaire mais global : il n’utilise aucun produit issu de l’animal et de son exploitation, que ce soit pour se nourrir, se vêtir, se maquiller etc. Autre subtilité, en anglais le terme « végétalien » n’existe pas. On est végétarien ou végan, raison pour laquelle vous trouvez aussi bien des recettes que du cuir végans sur les sites anglophones.

Enfin, le veggieheureux est celui qui a pris une décision avec laquelle il se sent totalement en accord, mais qui tâtonne encore entre toutes ses options 🙂 En effet, plus je lis d’articles sur le lait et les œufs par exemple, plus je me dis que je finirais sans doute par rayer ces aliments de mon régime. Un sentiment renforcé par le nombre de recettes plus qu’alléchantes que je trouve sur les sites et dans les livres des végans. Par ailleurs, bien que j’aie encore du mal à résister à une délirante paire de chaussures -mon péché capital-…, j’ai acquis le réflexe de regarder leur composition, et des mentions comme « cuir d’agneau », « cuir de veau » ou « daim » me rebutent totalement depuis déjà un moment. Idem pour les vêtements. A suivre donc !

En tout cas, à Noël, les options et décisions sont mises à rude épreuve. A moins que vous soyez né dans une famille de végétariens ou que tous vos proches le soient devenus en même temps que vous, il y a peu de chances que vos menus ne comportent ni viandes ni poissons ni crustacés. Ou que les autres convives ne soient pas super frustrés si vous proposez de préparer le dîner ! Mieux vaut y aller petit à petit, en proposant par exemple de faire un repas de fête le 26 ou le 27. Une fois qu’ils auront goûté à tous les délicieux plats parmi lesquelles vous aurez fait votre choix, et qu’ils se sentiront aussi repus et heureux qu’après un foie gras-saumon-dinde-bûche, vous aurez fait un grand pas vers un futur Noël veggie !

Et regardez un peu si ces recettes ne sont pas convaincantes ! En entrée, les excellents chaussons aux champignons dont je vous donne la recette ci-dessous; comme je suis un peu paresseuse en cuisine, j’ai opté en plat de résistance pour une livraison de légumes korma servis avec du riz pilau, pas réellement difficile à préparer mais tellement bon quand quelqu’un d’autre l’a fait et qu’il n’y a plus qu’à le réchauffer ! Enfin, en dessert, ma nièce avait préparé un fondant au chocolat succulent surmonté d’un adorable bonhomme de neige à grignoter. Malheureusement pas végan, la gélatine étant composée de peau ou d’os d’animaux… Beurk, eh oui… C’est peut-être la fin des chamallows pour moi !

Korma de légumes et riz palau

Created by Fanny

Créés par Fanny

Chaussons aux champignons, sauce au Xérès
 
Cette recette est très facile à réaliser et peut être adaptée selon vos goûts et vos envies.
Author:
Recipe type: Entrée végétarienne
Ingredients
  • 1 oignon coupé en petits morceaux
  • 1 gousse d’ail hachée
  • 300 gr de champignons (choisissez ceux que vous préférez ; les champignons ont une texture un peu similaire à celle de la viande et certaines espèces ont un goût et un parfum raffinés, ce qui en fait un aliment particulièrement indiqué pour les fêtes)
  • 200 gr d’épinards
  • 1 rouleau de pâte feuilletée
  • 2 c. à soupe de xérès
  • 3 c. à soupe de crème fraîche
  • Un peu d’huile d’olive
  • Sel et poivre
Instructions
  1. Dans une grande casserole ou une poêle, faites chauffer l’huile et ajoutez les oignons et l’ail. Quand ces derniers sont translucides, ajoutez les champignons, puis les épinards et le xérès. Laissez revenir jusqu’à ce que les champignons aient bien réduit et que les épinards aient fondu et s’intègrent facilement au mélange. Ajoutez la crème fraîche, et salez-poivrez selon votre goût. Quand la crème a un peu épaissi, coupez le feu.
  2. Déroulez la pâte et découpez deux carrés d’environ 15 cm de côté. Au centre, déposez 2-3 grosses cuillères de votre mélange. Rabattez la pâte sur les côtés pour former un chausson, en laissant un petit carré au centre. Vous pouvez aussi le fermer pour faire un vrai petit chausson-surprise.
  3. Passez vos deux chaussons au four, environ 30 minutes à 180°, et servez avec une petite salade.
  4. Je les ai servis avec un vin rouge italien, un Brunello di Montalcino, dont les saveurs robustes et veloutées se marient très bien avec ce type de plats.