Monthly Archives: November 2014

La crainte des carences – Episode 1 : les protéines

Décider d’arrêter de manger des animaux, ça c’était fait. Mais n’étant pas à la base quelqu’un qui aimait cuisiner, je me retrouvais avec une grosse question : comment allais-je cuisiner maintenant ? Je n’avais déjà pas une alimentation très équilibrée, préférant de loin combler ma faim avec une des boîtes de biscuits qui traînent toujours chez moi, plutôt que me mettre aux fourneaux.

Bizarrement, quand je mangeais de la viande et du poisson, je vivais avec l’impression que l’un dans l’autre, pour peu que je mange de temps en temps quelques légumes et des féculents, je ne risquais rien. Bref, à la fin de la semaine ou de l’année, l’ensemble de mes repas s’équilibrait sans doute et je ne m’en faisais pas du tout…

Mais soudain, je m’inquiétais. J’étais plus que décidée à préserver la vie pour me nourrir, mais pas vraiment à prendre de risques avec la mienne. Et clairement, je n’avais pas choisi de m’approprier ce régime de manière progressive et ne connaissais donc rien aux impératifs d’une vie végétarienne saine et équilibrée.

Les nombreux sites et blogs végétariens anglophones m’ont beaucoup aidée. Tout d’abord, je lus quelque part que l’un dans l’autre, mal manger végétarien était toujours mieux que manger de la viande tous les jours. L’information, dont peu m’importait la base sur laquelle elle se fondait, me rassura.

Au fil du temps, j’appris tout ce qu’il me fallait. Tout d’abord, quelques informations pour mettre définitivement de côté les a priori qui ont la vie dure et le muscle tonique : le végétarien n’est pas un être diminué, dont tous les muscles ont fondu tandis que sa peau s’est parée d’une pâleur grisée reflétant non seulement l’ineptie de son choix de vie mais aussi à quel point il est en réalité malheureux sans bacon.

Voici une toute petite liste de végétariens illustrant assez bien le propos: Carl Lewis. Eh oui ! Murray Rose, nageur australien cinq fois médaille olympique ; Martina Navratilova et Ivan Lendl, champions de tennis ; Scott Jurek, ultramarathonien américain ; et les 5000 adhérents à l’association américaine des bodybuilders végétaliens, que ne renierait pas Popeye !

Mais vous avez raison, ça ne vous dit pas comment je m’assure un apport suffisant en protéines sans devoir trimer des heures durant en cuisine avec des ingrédients inconnus à mon mini-bataillon de cuisinière du dimanche.

C’est simple ; oui, le corps humain a besoin de protéines, qu’il ne fabrique pas lui-même. Il a besoin de 0,8g de protéines par kilo et par jour. Mais que ces protéines soient animales ou végétales ne change rien. Et les protéines animales viennent souvent accompagnées de quelques copains qui sont à terme responsables de maladies cardio-vasculaires : cholestérol, graisses saturées, hormones, antibiotiques… Tandis que les protéines végétales ont aussi des copains, mais plus sympas : antioxydants, fibres, minéraux…

Parmi ces gentils fournisseurs, pas compliqués du tout et ne nécessitant guère plus de savoir culinaire ou de préparation que le bout de chair que vous déposez dans une poêle, se trouvent des céréales, des légumineuses, des noix et des légumes : une tasse d’épinards fournit 5g de protéines, une tasse de pois chiches 15, les lentilles 18, une poignée d’amandes 8, tout comme le quinoa ou les petits pois. L’essentiel est, comme c’est absolument toujours le cas en matière d’alimentation, de varier les sources et les ressources ! En somme, mangez varié et vous ne connaîtrez pas la carence.

Dans un prochain post, je vous donnerai quelques recettes simples et savoureuses pour prendre soin de vos papilles et de vos muscles ! Pour terminer celui-ci, voici quelques images trouvées sur un site végétarien anglophone. Apparemment, en Amérique ou en Angleterre, la question la plus fréquemment posée aux végétariens et que ces derniers trouvent la plus agaçante, est celle des protéines ; tandis qu’en France, d’après mon expérience, les gens ont privilégié la question très philosophique du meurtre des légumes… Il ne me reste qu’à créer mes propres petites vignettes humoristiques !

A bientôt, bon appétit, bonne journée et merci d’être là !

Veganfork VeganeatsmeaterVegan Gorilla

Le secret d’un bon tofu, et 2 recettes pour l’adopter

Bien que ce matin j’hésite entre tous les posts que j’ai envie d’écrire, mes doigts impatients languissant au-dessus du clavier, je pense qu’il me faut en réalité aborder immédiatement la question du tofu.

Je vous l’accorde, cet aliment constitué de lait de soja coagulé et pressé n’a de prime abord pas grand-chose pour lui. Un carnivore ne se résoudrait à en manger volontairement que réellement désespéré, après avoir égorgé et mangé jusqu’à la plus petite partie plus ou moins comestible de Billy le chimpanzé, envoyé avec lui sur Orion 38 où sa capsule s’est égarée.

Si, poussé par la curiosité et la réputation de cet aliment, vous en avez tout de même acheté, vous avez sans doute eu l’impression de découvrir la dernière invention un peu trop humide de play-doh, pour enfants qui n’aiment ni les couleurs ni les odeurs. Et si vous l’avez cuisiné en suivant la méthode indiquée sur l’emballage, c’est-à-dire qu’après l’avoir directement coupé en cubes vous l’avez ajouté à vos sauces ou mis dans une poêle et attendu des heures qu’il dore ne serait-ce qu’un minimum, vous êtes certainement persuadés qu’en un mot, le tofu, c’est dégueulasse.

Moi aussi j’en ai été persuadée. De nombreux végétariens l’ont été, et ont abandonné cet ingrédient. Avant de découvrir le secret du tofu.

Le secret du tofu s’appelle préparation. Une étape simple mais indispensable, qui le fait passer de support à métaphores science-fictionnelles à ingrédient de choix : quand vous enlevez le tofu de son emballage, il faut en exprimer l’eau. Soit en l’enrobant de papier absorbant et en appuyant dessus jusqu’à ce qu’il n’y ait presque plus d’eau, soit de façon moins active (ce qui peut vous permettre de faire autre chose pendant ce temps-là) en le mettant entre deux serviettes et en posant un poids sur le tout.

Quand vous aurez fait ça, vous pourrez le découper en cubes ou en triangles et le cuisiner. Même si vous choisissez de l’ajouter à une sauce ou une soupe, je vous conseille de toujours le faire revenir dans une poêle avant, ne serait-ce que quelques minutes, pour lui donner une jolie couleur et une texture agréable.

Je vous livre ci-dessous deux recettes : celle grâce à laquelle j’ai ravi et converti plus d’un convive, à commencer par mon conjoint. Ne vous laissez pas impressionner, elle est vraiment facile à réaliser. Et celle toute simple qui permet, si on est végétarien de participer aux barbecues des copains, et si on ne l’est pas de faire infiniment plaisir au copain végétarien qui ne vient d’habitude que pour votre compagnie et l’ambiance. Comme je ne pensais pas poster de recettes dès maintenant, il vous faudra attendre pour un mode de présentation plus “pro”, j’en suis désolée!

A très bientôt, et merci d’être là!Recettes Tofu croustillant et Tofu barbecue

Pourquoi je suis devenue végétarienne

Je voudrais pouvoir dire que dès mon plus jeune âge je compris que le sort que nous réservons aux animaux était cruel et injustifié, mais ce n’est pas le cas… J’ai longtemps mangé de la viande et certaines odeurs me chatouillent encore les narines et me titillent les glandes salivaires. Néanmoins, je me suis très jeune trouvée hypocrite et j’ai longtemps gardé ce sentiment ; je savais que j’étais incapable de tuer moi-même ce que je mangeais, même si j’avais désiré manger des moucherons ; les boucheries et les étals de poissons me répugnent avec leurs odeur de mort et les morceaux de chair sanguinolents exhibés en vitrine ; et si par hasard on me servait une petite caille ou un poisson avec la tête, je me sentais accablée et devais demander à ce que quelqu’un, un serveur ou un ami, enlève de mon assiette tout ce qui rapprochait trop ce que je voyais d’un animal autrefois vivant… Quoi qu’il en soit, le goût que j’avais de certains de ces aliments mettait toujours mes doutes au second plan et m’engageait surtout à ne pas trop y réfléchir.

De temps à autres, je lisais un article sur le végétarisme ou sur la condition animale, qui éveillait mon sentiment que quelque chose allait de travers dans mon comportement ; mais ce ne sont pas les images choquantes ou les descriptions détaillées de méthodes quasiment sadiques qui m’ont convaincue : je ne peux pas regarder les vidéos qu’envoient les organisations en tous genres pour nous montrer comment on traite les animaux. Je ne supporte en fait même pas de lire les descriptions de ces traitements, et si mes yeux en enregistrent par mégarde quelques lignes, j’en garde longtemps le souvenir anxieux.

C’est au contraire la lecture d’un article très factuel sur les conséquences de la surconsommation de viande qui m’a fait arrêter net. Apprendre que le fait que nous mangeons trop de viande a un impact direct et énorme sur notre environnement, la pollution de l’air, le gaspillage de l’eau, et plus terrible encore, sur l’alimentation ou plutôt la non-alimentation des populations qui vivent au sud de la planète, a agi comme une décharge. Il était donc possible de faire un lien direct entre la viande qui s’approchait de ma bouche et la nourriture enlevée de celle de quelqu’un de l’autre côté de la planète… Il ne m’était dès lors plus envisageable d’hésiter.
Et à l’instant où ma décision fut prise, je me sentis mieux. C’était radical. J’étais enfin alignée, comme si ce que je sentais être « de travers » s’était redressé : j’étais enfin en harmonie avec moi-même.

L’aventure de mon végétarisme ne faisait cependant que commencer.

Présentation – Mon but aujourd’hui en créant ce blog

Je m’appelle Natasha et je suis végétarienne depuis bientôt quatre ans. Mon but en écrivant ce blog n’est pas de vous convaincre d’arrêter la viande et le poisson -même si dans mon monde idéal, personne n’en mange- mais de vous aider si vous avez envie d’en manger moins. Ou de répondre à votre curiosité, tout simplement.

J’espère seulement vous montrer qu’on peut préparer de délicieux petits plats sans se prendre la tête avec des aliments étranges et des préparations complexes ; que manger sans viande ni poisson ne veut pas dire sans vin ni dessert ; et que tout en vous régalant et en surprenant vos proches, vous ferez du bien à votre corps et votre esprit, tout en préservant l’environnement, notre belle planète et bien sûr les animaux.

Je vous donnerai aussi toutes les dernières infos et tous les petits trucs à savoir sur le végétarisme dans le monde, la diététique, l’évolution de la condition animale, l’impact de nos régimes sur le climat, la pauvreté etc. Sans toutefois vous montrer d’images « gore », car moi-même j’essaie de les éviter au maximum ; pas besoin de voir des horreurs pour comprendre que nous n’avons pas besoin de torturer et tuer des millions d’animaux pour nous nourrir ou nous vêtir!

Enfin, je vous donnerai aussi quelques bonnes adresses de créateurs qui font des vêtements, des chaussures et des cosmétiques sublimes, sans toucher à un poil, une plume ou une écaille.

Vous verrez, c’est à la fois surprenant et amusant d’apprendre à cuisiner sans viande -ou sans “chair” comme je dis parfois; de voir depuis combien de centaines d’années et bien sûr pourquoi des gens, parfois célèbres, vantent les nombreux mérites de ce régime; de voir tous les athlètes et personnalités qui ne sont ni affaiblis ni aigris par ce choix de vie, bien au contraire; enfin bref, d’apprendre tous les petits secrets des mangeurs d’herbe!